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GILLES RANNOU

Publié dans : Cinéma d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Film :The revenant

Dans une nature et un climat rugueux, Iñarritu offre à Leonardo Di Caprio un de ses rôles les plus physiques.

Synopsis:

Dans une Amérique naissante et encore sauvage, Hugh Glass est attaqué par un ours et est grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais refusant de mourir et mu par une soif de vengeance, le trappeur entame un long périple qui le fera traverser les terres enneigées, se verra confronter à une succession de périls jusqu'à ce qu'il atteigne son objectif.


Le film:

Nul besoin à un immense comédien de longues tirades pour prouver son talent. Et si besoin était de le démontrer, Leonardo Di Caprio s'en charge avec brio en incarnant le trappeur Hugh Glass rendu quasi muet suite aux blessures infligées par l'attaque d'un grizzly. Dès lors, privé de paroles, le rôle de Di Caprio repose presqu'entièrement sur la performance physique. Et  à ce jeu, l'acteur s'en sort admirablement dans des conditions de tournage qui ont du être éprouvantes voire dantesques par instant. Ainsi, dans sa volonté de survie, Glass se confronte à une nature sauvage, inhospitalière, aussi belle que cruelle. Le trappeur traverse une succession de paysages enneigés tous aussi beaux que parfois désolés et dangereux. Et à l'image de la nature, l'homme dans cet environnement se montre tout aussi cruel, cruauté incarnée par un excellent Tom Hardy dans la peau de John Fitzgerald, homme sans foi ni scrupules, qui n'hésite pas à abandonner à son sort un Hugh Glass à l'agonie après avoir tué son fils devant ses yeux. Dès lors, Glass passe de mode survival à celle de revenge et c'est cette soif de vengeance qui l'aidera à surmonter tous les écueils et faire de son personnage le héros d'une épopée qui ne s'arrêtera que lorsqu'il aura vaincu son ennemi... et faire de son interprète un sérieux prétendant aux oscars. 


Si l'ensemble du film donne un résultat digne des grands westerns, il souffre néanmoins de quelques défauts, à commencer par l'ignoble ours numérique. Celui-ci aurait presque pu auculter à lui seul la beauté de toutes les autres séquences tant sa réalisation semble relever de l'amateurisme. Par ailleurs, ce long métrage faiblit par trop de longueur. Iñarritu, avec l'aide de son chef lumière Lubezki, propose de magnifiques plans, de non moins magnifiques lumières accrochées à de somptueux paysages mais ces paysages semblent avoir été filmés et se succéder à outrance rajoutant au film des minutes inutiles et saccadent dès lors le rythme du récit.

Difficile en regardant cette nature de ne pas penser alors à Terrence Mallick. Iñarritu a t-il voulu rendre hommage à son illustre aîné ou bien y a t-il cherché sa source d'inspiration? Quoiqu'il en soit, The Revenant semble porter l'influence de Mallick comme un poids tant il est difficile de ne pas penser à ce dernier en voyant la façon dont  les deux réalisateurs ont de magnifier la nature à travers l'oeil de la caméra. Enfin, le film tend parfois à être par trop démonstratif comme si son réalisateur avait encore besoin de prouver qu'il maîtrisait son art. Iñarritu tombe alors dans une certaine emphase qui peut parfois confiner à la lourdeur.

Mais malgré ces quelques défauts, The Revenant reste néanmoins un très bon film avec une réalisation et une lumière très soignées et porté par deux  acteurs portant l'histoire avec brio.


  • Film: The Revenant
  • Réalisateur: Alejandro Gonzales Iñarritu
  • Acteurs: Leonardo Di Caprio, Tom Hardy...
  • Genre  : western survival/revenge
  • Durée: 2h36
  • Sortie en salles : 24 février 2016
  • Nationalité :américaine
  • Interdit en salles au moins de 12 ans

À propos de l'auteur

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GILLES RANNOU

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