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GILLES RANNOU

Publié dans : Cinéma d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Room: un drame un peu trop hollywoodien

Au delà de l'incroyable performance du jeune Jacob Tremblay, le film tend à vouloir trop tirer la larme au spectateur avec un sujet douloureux et oppressant.

Synopsis:

Jack,  5 ans, vit seul avec sa mère qui lui apprend tous les rudiments de la vie et ci-possible du monde car le leur se confine en une unique et une seule pièce, la room où ils sont tous les deux retenus prisonniers par un homme qui a enlevé la mère et lui a fait cet enfant. Ne voyant aucune issue à leur tragique situation, Ma va tenter l'impossible pour les faire sortir de leur prison.


Le Film:

Adapté du roman d'Emma Donogue, au titre éponyme, auteure elle même du scénario, Room révèle avant tout une réelle surprise, celle du tout jeune et talentueux comédien Jacob Tremblay qui délivre une performance à la fois étonnante et épatante, une performance qui à l'instar  de Quvenzhané Willis en 2012 pour son rôle dans les bêtes du sud sauvage, aurait mérité une récompense aux Oscars. Peut être est-il trop difficile de récompenser des enfants sans titiller "l'orgueil" des comédiens/comédiennes adultes? Ainsi, c'est Brie Lanson qui aura droit à une statuette pour son rôle de Joy/ma. Pourquoi pas même si il semble que la performance de l'une ne va pas sans l'autre dans ce huis clos oppressant dans  sa première partie.


En effet, dans un premier temps, Room, comme son nom peut l'indiquer, se passe dans une unique pièce, un abri de jardin aménagé qui s'avère être une cellule où sont enfermés Joy et son fils Jack, né dans cette cellule. Sous le joug du "vieux Nick", leur ravisseur et geôlier, leur univers se résume à ces quatre murs.  Jack, qui n'a connu que cette prison, ne peut concevoir une vie et une réalité hors de ces murs malgré les efforts de sa mère pour l'initier, lui apprendre les rudiments mêmes d'une existence extérieure. Le garçon s'est inventé un univers, sa propre réalité qui ne franchit pas les limites de sa prison. Et c'est ce huis clos qui met tant en valeur le jeu des deux protagonistes et de leur complicité. Un face à face parfois interrompu par l'incursion inopinée de leur geôlier, Nick, être antipathique, irascible et manipulateur qui n'offre aucune once d'espoir à ses prisonniers. Alors, pour sortir de cet enfer, Joy décide de mettre au point un plan d'évasion des plus rocambolesques.   


Et cette évasion créée une rupture dans le film. Autant la première partie du film pouvait se voir comme un thriller oppressant, tendu où le spectateur se demande comment ils vont faire pour sortir de cet enfer, autant cette deuxième partie, axée sur le retour à la vie des deux protagonistes  et à la difficile adaptation, tend à tomber un peu trop dans le mélodrame et à trop vouloir toucher le public. Mais, le réalisateur irlandais, Lenny Abrahamson, (auteur notamment de l'étonnant What Richard did et du non moins étonnant Frank ) s'est semble t-il ainsi ouvert les portes d'Hollywood avec ce parti pris.  

Et quid du vieux Nick interprété par Sean Bridgers dont on ne sait ce qu'il devient et dont on aurait aimé en savoir un peu plus sur ce qu'il avait dans la tête.


  • Le film: Room
  • Réalisateur: Lenny Abrahamson
  • Acteurs: Brie Larson, Jacob Tremblay, Joe Allen
  • Genre: Drame 
  • Durée: 1h 58mn
  • Sortie en salles: 09 mars 2016
  • Nationalité: Irlande/Canada








À propos de l'auteur

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GILLES RANNOU

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