Amnesty international : 50 ans de combat pour la justice

Née le 28 mai 1961, Amnesty international fête cette année ses 50 ans. L'association est née de la volonté de combattre l'injustice à travers le monde.
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Cinquante ans de combat incessant, cinquante ans de lutte pour tenter de sauver des victimes broyées par des systèmes dictatoriaux, ou qui s’y apparentent, des condamnés à mort, des prisonniers politiques ou ethniques, des femmes brimées parce que femmes, des enfants-soldats… Un combat noble, un combat au quotidien.

Peter Benenson, l’homme révolté

Le dimanche 28 mai 1961, un appel retentit à travers la planète. C’est celui de l’avocat britannique Peter Benenson (1921-2005). Dans le journal The Observer , il appelle à l’amnistie pour les prisonniers politiques. L’avocat a été touché par le sort de deux étudiants portugais condamnés à 7 ans de prison parce qu’ils avaient osé lever leur verre à la liberté – le Portugal étant alors une dictature sous la coupe de Salazar. Quelques mois plus tard, il décide de publier un article.

Dans cet article intitulé «Les Prisonniers oubliés», Peter Benenson cite plusieurs cas. il évoque notamment la condition du poète angolais, Agostino Neto, emprisonné car indépendantiste et opposé au régime colonial portugais ou encore celle de Constantin Noica , poète roumain condamné à 26 ans de prison avoir osé exprimé des idées contraires au régime en place. Le but de cet article n’est pas seulement de dénoncer mais aussi de lancer une campagne de soutien à ces prisonniers.

Peter Benenson avait-il imaginé en écrivant cette lettre qu’il allait susciter autant de réactions à travers le monde? Sans doute pas. Alors que sa lettre est reprise par Le Monde , Die Welt ou encore The New York Post , en quelques semaines, l’avocat reçoit des milliers de lettres de soutien, des lettres lui parvenant des quatre coins de la planète. Amnesty international est née.

La naissance d’un symbole

Le 10 décembre 1961, à l’église de Saint-Martin-in-the-Field à Londres, la première bougie en souvenir et soutien de tous les prisonniers d’opinion est allumée pour la Journée internationale des droits de l’homme. Elle devient le symbole d’Amnesty International.

1977, le prix Nobel de la Paix

De campagnes de soutien en défense des prisonniers, Amnesty international s’impose peu à peu dans le paysage politique et judiciaire mondial. En 1963, l’organisation connaît sa première victoire avec la libération de l’archevêque de Prague, Josef Beran. Après deux ans d’existence, Amnesty réussit à faire libérer pas moins de 140 prisonniers. En 1967, dans le cadre de la Guerre des Six Jours , Amnesty international entame sa première campagne contre la torture. En 1973, l es Nations Unies adoptent à l’unanimité un moratoire contre la torture, moratoire inspiré par l’organisation. L’année suivante, le président d’Amnesty reçoit, à titre personnel, le Prix Nobel de la Paix pour son combat en faveur de la défense des droits de l’homme. En 1977, c’est au tour d’Amnesty international de recevoir ce prix «pour avoir contribué à garantir les bases de la liberté et de la justice et avoir contribué à la paix dans le monde». Ainsi, l’organisation reçoit la «consécration» et la reconnaissance suprême pour son combat.

Une lutte sans merci… et sans fin?

Depuis 50 ans, l’organisation mène la lutte sur tous les fronts de l’injustice. Si l’une de ses grandes causes est l’abolition de la peine de mort dans le monde, ou encore le soutien des réfugiés, elle défend aussi les opposants politiques. Ainsi, Antoinette Chahine est sauvée des griffes de la justice libanaise. Arrêtée, puis torturée et violée, elle est condamnée à mort pour un crime qu’elle n’a pas commis. Sous la pression d’Amnesty, le dossier est à nouveau ouvert, Antoinette a le droit à un nouveau procès et est acquittée en 1999. Antoinette n’est qu’un exemple de tous les combats menés par l’organisation, des combats qui ont mené à la liberté de nombreux prisonniers et prisonnières.

Tous les ans, dans un rapport qu’elle rend public, l'organisation montre au grand jour l’évolution des droits de l’homme dans le monde, pointe du doigt et dénonce les pays qui les bafouent. Aujourd’hui, Amnesty International continue plus que jamais le combat, fort du soutien de plus de trois millions d’hommes et de femmes dans le monde. C’est un combat titanesque qui n’est pas prêt de voir la fin tant les droits les plus élémentaires des hommes et femmes sont encore bafoués dans de nombreux pays à travers la planète et sur tous les continents.

Source : lettre n°48 de mai/juin 2011 d’Amnesty international

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