Baby call : paranoïa d'une mère mortifiée

Baby call est un drame à l'ambiance froide, à l'atmosphère inquiétante proche du thriller avec des personnages singuliers non moins inquiétants.

Lugubre, Baby call n'offre guère de porte de sortie vers la lumière. Anna, mère tourmentée et ultra-protectrice ne pense trouver son salut qu'en s'isolant de ce monde plus qu'hostile ;

Synopsis :

Anna fuit son ex-mari violent, avec son fils de 8 ans, Anders. Ils emménagent à une adresse tenue secrète. Terrifiée à l’idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babyphone pour être sûre qu’Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais d’étranges bruits, provenant d’un autre appartement viennent parasiter le babyphone. Anna croit entendre les cris d’un enfant...

Le film :

Le parcours paranoïaque d'une mère en pleine dérive qui ne sait plus faire la différence entre la fiction et la réalité. Le danger est partout, dans tout être humain, réside un ennemi potentiel qui n'est là que pour faire du mal à son fils Anders ou pire le lui enlever. Recluse chez elle avec son fils, elle a perdu tout contact avec la réalité. Omnubilée par son drame, elle tient difficilement en équilibre entre ses souvenirs qu'elle croit par instant inventer et son imagination qu'elle croit réelle au point que lorsqu'elle assiste à une vraie scène de meurtre, elle n'y croit plus elle même. Et le seul lien qu'elle a avec le monde extérieur est ce babyphone mais qui la fait glisser plus encore vers les pires criantes.Mais baby call n'est pas seulement le parcours paranoïde d'une femme, c'est aussi celui d'une mère que rien ne peut consoler, une femme seule à la merci de requins.

Pal Sletaune , dont Baby call est le troisième film, réussit ici une bonne performance de réalisateur tant au niveau de la lumière, froide, insipide, morne soulignant plus encore les tristes décors d'une cité sans âme où seul l'hypothétique existence d'un lac vient donner un peu de vie dans ce monde où ne semblent vivre parfois que des zombies car il est bien difficile par instant de savoir qui est réel, qui ne l'est pas. Appuyée par une musique triste, distante, l'atmosphère du film n'en que plus pesante et inquiétante. Enfin, Noomi Rapace , brillante interprète d'Anna, joue une fois encore une femme en total décalage avec la réalité, une femme coupée du monde. Mais si dans millenium , elle y puisait sa force et sa volonté d'affronter un monde qui lui était tout autant hostile , ici, elle le subit totalement , elle est victime de ce monde qui l'effraye et ne croit trouver son salut dans l'isolement.

Malgré une fin quelque peu décevante, Baby call reste un film à voir dans sa version norvégienne avant que les américains ne jugent bons d'en faire un remake avec le risque d'en dénaturer l'essence.

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