Bangladesh:Grameen,la banque du pauvre nationalisée? Un désastre

Ce qui a du succès fait des envieux et la banque Grameen n'échappe pas à la règle. Pour le plus grand malheur des plus pauvres des bangladais.
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Créée en 1976 par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, la banque Grameen a pour objectif d'aider les plus pauvres à s'en sortir grâce à des microcrédits. Et la formule a beaucoup de succès au point qu'elle attire les vautours en la personne de la première ministre bangladaise.

Les origines de la banque Grameen

1974, le Bangladesh, pays indépendant depuis 19 ??, connaît une famine sans précédent. Devant un tel désastre, Muhammad Yunus , économiste de profession a l'idée de créer une formule de microcrédits afin de permettre aux plus déshérités de la population de pouvoir créer à leur tour des artisanats et de vendre les objets. Ainsi est née d'une part l'idée du microcrédit puis de la banque Grameen en 1983 (littéralement banque des villages) pour encadrer ces microcrédits.

Des principes humanistes :

Ils sont au nombre de seize et peuvent paraître à certains comme naïfs là où ils ne sont avant tout humains :

  • Nous suivrons et ferons la promotion des quatre principes de Banque Grameen : Discipline, Unité, Courage et Travail - dans toutes les circonstances de nos vies.
  • Nous apporterons la prospérité à nos familles.
  • Nous ne vivrons pas dans des maisons délabrées. Nous réparerons nos maisons et travaillerons sur la construction de nouvelles maisons au plus vite.
  • Nous cultiverons des légumes tout au long de l'année. Nous les mangerons à notre faim et vendrons l'excédent.
  • Pendant la saison des plantations, nous planterons autant de jeunes plants que possible.
  • Nous planifierons de garder nos familles petites. Nous réduirons au minimum nos dépenses. Nous nous occuperons de notre santé.
  • Nous instruirons nos enfants et assurerons qu'ils peuvent gagner suffisamment pour se payer leur éducation secondaire.
  • Nous garderons toujours nos enfants et l'environnement propre.
  • Nous construirons et utiliserons des latrines avec une fosse.
  • Nous boirons de l'eau issue des pompes. Si ce n'est pas possible, nous ferons bouillir de l'eau ou utiliserons l'alun. (un antiseptique, sulfate de potassium et d’aluminium)
  • Nous ne prendrons pas de dot au mariage de nos fils, nous ne donnerons pas de dot au mariage de nos filles. Nous garderons notre famille libre de la malédiction des dots. Nous ne déciderons pas du mariage de nos enfants.
  • Nous n'infligerons d'injustice à personne comme nous ne permettrons à personne d’en faire.
  • Nous entreprendrons collectivement des investissements plus grands pour des revenus plus hauts.
  • Nous serons toujours prêts à nous aider. Si quelqu'un est en difficulté, nous l’aiderons tous, lui ou elle.
  • Si nous venons à connaître une infraction de discipline dans un centre, nous irons tous là bas et aiderons à rétablir l’ordre.
  • Nous participerons à toutes les activités sociales et collectives.

Victime de son succès :

97% des emprunteurs de la banque sont des femmes et aujourd'hui c'est bien une femme en la personne de la première Ministre Hasina Wajed qui veut récupérer cette banque au trop grand succès pour le gouvernement bangladais.

Le combat dure depuis plusieurs années et a réussi à pousser en 2011 son créateur Yunus, 71 ans, à la démission las et fatigué par cette lutte. La Grameen Bank au Bangladesh, a étendu ses activités notamment dans la téléphonie mobile, ou encore les panneaux solaires et cette montée en puissance et au service des plus pauvres, surtout les femmes, gêne et fait trop d'ombre aux élus gouvernementaux. Alors, le pouvoir bangladais veut la nationaliser en venant de faire voter une loi qui permettrait au gouvernement de désigner son successeur en contournant le conseil d’administration élu par les clients. La banque Grameen nationalisée, serait une arme redoutable dans les bras du gouvernement, une vraie arme de chantage aux élections. Quand les pauvres font des envieux chez les riches....

Enfin, cette nationalisation signerait sans doute la perte même de l'essence et l'esprit du microcrédit et serait un désastre pour l'avenir et de la banque et des pauvres.

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