Cheval de guerre : une épopée spectaculaire et sentimentale

Spielberg sait faire du cinéma et nous le prouve une fois encore avec cheval de guerre mais retombe dans certains de ses travers

Trop de bons sentiments tuent le sentiment et entraîne inexorablement vers le dégoulinant. C'est malheureusement une nouvelle fois le cas avec ce nouveau film de Steven Spielberg, un habitué du genre, même si par ailleurs, "Cheval de guerre" ne manque pas de qualités.

Synopsis

De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…

Le film

Dire que Steven Spielberg réitère une sorte de « Il faut sauver le soldat Ryan » ne serait pas forcément exagéré. Même ingrédients : du spectaculaire, de la violence, des atrocités de la guerre qu'elles soient du premier ou second conflit mondial, le tout saupoudré de bons sentiments, de trop bons sentiments calculés pour faire tirer une larme au spectateur. Et une fois encore, Spielberg en fait trop et tombe dans le sentimentalisme mièvre.

Par ailleurs, et c'est là un paradoxe du film que de raconter l'histoire de chevaux sur le front de la Première Guerre mondiale mais de passer outre le pire de leur martyr. En effet, Steven Spielberg ne montre rien de l'épouvantable agonie des chevaux blessés et perdus dans le no man's land, ces cris de chevaux si terriblement décrits dans le roman d' Erich Maria Remarque , « A l'ouest rien de nouveau . »

Malgré tout, cheval de guerre n'est pas que cela, il est un film esthétiquement réussi. Spielberg a su une nouvelle fois dénoncer les atrocités de la guerre en tournant des scènes à la fois fantastiques et cruelles rappelant ce qu'était l'horreur des tranchées, des scènes qui ne sont pas sans rappeler certaines de « Johnny got his gun » ou « les sentiers de la gloire . »

Ainsi, Joey, le cheval/héros du film, entraîne dans ses multiples galops le spectateur avec lui et lui fait vivre ses aventures à son rythme. Après une trop longue « introduction » dans la campagne anglaise, Joey et son propriétaire ont rendez vous avec leur destin, la Première Guerre mondiale. Et à travers le destin d'un cheval, on suit aussi le destin de ces hommes qui pour beaucoup disparaissent sur les champs de bataille..

« Cheval de guerre » serait sans doute à ranger dans la catégorie des films classiques ou au moins dans la catégorie hommage à un certain cinéma classique notamment celui de John Ford , film où l'on retrouve tous les ingrédients du film d'aventure, bravoure, émotions, sentiments et bien sûr charge de cavalerie même si ici, cette chevauchée semble plus pathétique que fantastique. Ce film est donc de cette veine en rajoutant une couche d'ultra classicisme sur la fin avec un coucher de soleil d'un orange plus qu'improbable.

« Cheval de guerre » reste un long-métrage aisément regardable (en V.O) pour qui veut voir de l'aventure et plein de bons sentiments entre l'homme et sa plus belle conquête, le cheval.

  • Film « cheval de guerre » (titre original « war horse » adapté du roman de Michael Morpugo.
  • Réalisé par Steven Spielberg
  • Acteurs :Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mullan
  • Durée :(2H27)
  • Genre : Drame historique sur fond d'aventures chevalines
  • Date de sortie: 22 février 2012
  • Nationalité :Américaine

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