Conan le barbare 2011 : En 3D et… trois neurones

Se faire succéder bataille et combat durant presque deux heures suffit-il à faire un film d'héroic-fantaisy digne de ce nom ? Assurément non.

Combats, sang, têtes découpées, membres découpés sont les mamelles de ce long-métrage, Conan le Barbare, qui n’aura jamais aussi bien porté son nom.

Synopsis :

Pour Conan, le légendaire guerrier cimmérien, ce qui avait commencé comme une vengeance personnelle va se muer en combat épique pour sauver Hyboria d’une puissance maléfique surnaturelle. Face à ses ennemis, aux terrifiantes créatures et aux épreuves d’exception qui l’attendent, Conan va peu à peu comprendre qu’il est l’ultime espoir d’un peuple…

Le film :

Après vingt première minutes prometteuses qui nous font retrouver l’univers de la première version Conan the Barbarian ( 1982 ) de John Milius (même si le postulat de départ n’est pas tout à fait respecté), très vite ça dégénère et le personnage principal à savoir Conan n'y est pas pour rien.

Conan :

Certes, le spectateur averti sait que Conan, interprété ici par Jason Momoa , n’est pas l’intellectuel de service mais tout de même en faire juste une brute épaisse qui ne sait que se battre, ça lasse. Il ne peut se rendre dans un endroit sans que ça tourne en baston, il ne peut regarder quelqu’un dans les yeux sans qu’aussitôt il ait envie de lui trancher la tête et très souvent de passer à l’acte. C’est un héros qui, et contrairement à Arnold Schwarzenegger , qui lui au moins avait quelque chose d’attachant avec ce côté naïf qui découvre le monde après des années de captivité,ici c'est un héros dont on s’en fout de ce qui peut lui arriver car on sait qu’il ne peut rien lui arriver car il est le plus fort, le plus barbare et sans doute le personnage le plus bête du film. Même pas un trait de finesse à retirer dans ses dialogues qui sont, il est vrai, peu nombreux. Il crie, pousse des borborygmes mais parle peu . Heureusement, qu’une scène de sexe vient nous rappeler qu’il est aussi un homme et non pas qu'une machine à tuer, une scène qui a du être tournée dans les années 80 et rajoutée vite fait…Une scène qui unit donc la belle et le bête parce qu'il le faut bien selon un cliché déjà quelque peu utilisé,que la belle intelligente soit attirée par la force brutale du mâle. Les puristes penseront sans doute que ce personnage, et à juste titre, est plus près de la version originale de Robert E . Howard mais ça n'enlève rien à la bêtise extrême du héros.

Trop de combat tue le combat :

Et là que dire? L'histoire, si elle existe, est étouffée sous les nombreuses, trop nombreuses scènes de combat. Deux minutes de pause et c’est reparti pour une bagarre générale…Le film n’est dans sa plus grande partie composé que de séquences de combat qui sont dans l’ensemble bien chorégraphiées. Cependant, 3D ou pas, ces scènes ne se démarquent pas non plus par une grande originalité. Et n’importe quel combat donne lieu à des flux et des flux d’hémoglobine, de membres découpés ou arrachés jusqu’à épuisement du spectateur et non pas de Conan qui lui semble s’y délecter. Tout ce la n' a vraiment rien d'une épopée, n'en a même pas l'esprit.

Entre temps, il y a cette scène en pleine nature verdoyante, la poursuite d’un carrosse dans lequel fuit la « jolie »Tamara, objet de toutes les convoitises et interprétée par Rachel Nichols , cette scène relève bien plus du genre Robin des bois essayant de sauver la jolie Marianne qu’un film dit d’Héroic-fantaisy.

En résumé, pour les amateurs de « baston » à tous les étages, c’est un film pour eux car il n'est prétexte qu'à ça, les autres passeront leur chemin ou lui préfèreront la version de 1982.

Réalisé par Marcus Nispel

Avec Jason Momoa, Rachel Nichols, Stephen Lang, Ron Perlman

Titre original : Conan the Barbarian

Interdit aux moins de 12 ans

Long-métrage américain. Genre : Action, Fantastique , Aventure

Durée : 01h52min Année de production : 2011

Sortie: le 17 août

Distributeur : Metropolitan FilmExport

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