Damsels in Distress : une comédie rose bonbon bien décalée

Damsels in distress est une comédie qui se range dans la catégorie des comédies singulières tant par les personnages que les dialogues. Une bonne surprise
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Elle ne fera peut être pas rire tout le monde mais fera au moins sourire beaucoup de gens par son ton décalé, son analyse d'une jeunesse perdue se cherchant des certitudes.

Synopsis :

Portrait d'un groupe d'étudiantes sophistiquées, Heather, Violet et Rose, sont obsédées par la mode, l'hygiène et la danse. Elles sont bien décidées à prodiguer leurs conseils à Lily, fraîchement arrivée à l'université...

Le film :

Croire détenir la vérité n'est jamais évident et le risque est grand d'être pris en porte à faux. C'est ce qui arrive notamment à Violet ( Greta Gerwig  ), le meneuse des « puritaines moralisatrices» qui ne pensent qu 'à sauver le genre humain et en particulier la gente masculine composée pour l 'essentiel de rustres attardés et qui en plus ne sentent pas bons. Elle se sont aussi jurées de sauver les déprimés suicidaires mais seulement les vrais suicidaires possédant une feuille maladie, pas les pseudo-déprimés qui n'en voudraient qu'à leurs donuts.

Ainsi, le réalisateur Whit Stillman dépeint non sans humour et finesse une jeunesse américaine en en perte et en quête de repères du moins pour ces demoiselles parce qu'il est vrai que les hommes passent bien plus pour des ados attardés ou des êtres déjà plein de certitudes.

C'est aussi la vie d'un campus qui est balayée notamment avec ses fameuses fraternités adulées par certains et conspuées par d'autres, ces fraternités dont on découvre qu'au bout du compte, du moins sur ce campus, elles ne regroupent des garçons qui ne pensent qu' à s'amuser comme des enfants et ne se prennent pas au sérieux contrairement à Zach Woods  alias Rick DeWolfe, éditeur du journal de la fac, qui a juré d'avoir leur peau et qui finira par l'avoir. Où est donc la vérité entre ces fraternités fantasmées parfois tant redoutées car secrètes et sensées regrouper une élite conspiratrice, fraternités que le réalisateur ici se plaît à tourner en ridicule alors que le chef du journal du campus se comporte en vrai despote bien que se posant en chantre de la liberté ?

Tous les personnages nagent en eau trouble ce qui les rend les uns et les autres singuliers et pour beaucoup attachants.Pris entre certitudes et doutes, ils sont en quête d'une vérité, de leur vérité mais des vérités bâties pour certains sur des mensonges. Ainsi, des paroles, des vérités dites sans en avoir l'air, sont blessantes, sont acidulées et font sourire. Des comportements tels que celui de Thor ( Billy Magnussen  ) sont irrésistibles. Il est à lui seul l'échantillon représentatif de l'échec d'une éducation.

C'est une guerre de la tolérance et de la compréhension de l'autre qui est menée par une majorité des protagonistes mais qui rend tout le monde intolérant, qui voit tout le monde forcer sa nature. Et non, il n'est pas simple de sauver les âmes égarées quand on l'est soi même.

Au delà, c'est toujours le même souci et le même rêve pour ces demoiselles. Trouver l'amour avec un grand A et elles se font dès lors manipulées par ces mâles justes avides de sexe et prêt à se faire passer pour n'importe quel héros ou héraut pour arriver à leurs fins. Ainsi, le sexe contre nature est largement évoqué. Soit disant pratiqué par les cathares dont se revendique Xavier ( Hugo Becker  ) il utilisera ce piètre tour de passe-passe manipuler Analeigh Tipton  alias la naïve Lily.

Whit Stillman livre donc une comédie au ton feutré mais qui peut décaper, une comédie dans laquelle les acteurs s'en donnent à cœur joie et s'amusent. Damsels in Distress est une comédie intelligente, drôle voire raffinée, faussement maniérée. Une réelle bonne surpise.

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