Dopage: au tour du rugby!

Le rugby est à son tour pris dans la tourmente d'une affaire de dopage. Cette fois-ci, elle touche deux espoirs de Perpignan.
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Est-il inévitable de se doper aujourd’hui pour atteindre le plus haut niveau? C’est la question qui peut être posée après cette nouvelle affaire de dopage qui frappe le rugby.

Ils commencent de plus en plus tôt

La dernière fois qu'un joueur de rugby avait été mis en cause pour dopage, c'était en 2009 (il s'agissait du demi de mêlée du Racing Métro 92, Mathieu Lorée, doublement contrôle positif au cannabis). Le quotidien L’Équipe révèle ce vendredi que deux joueurs espoirs de l’USAP (des moins de 23 ans), Clément Attiel et Davy Galand, ont été placés en garde à vue dans les locaux de la douane judiciaire de Perpignan, le 26 janvier de cette année, après un contrôle et une perquisition qui semblent avoir porté leurs fruits. Du coup, les deux jeunes rugbymen ont dû se soumettre à un contrôle antidopage qui s’est révélé positif pour l’un d’entre eux, Davy Galand, dont les urines ont révélé la présence de trois produits anabolisants: nandrolone, boldénone et trenbolone.

Soupçonnés de faire partie d’un trafic de produits dopants, les deux joueurs encourent deux ans de suspension par la Fédération française de rugby si preuve est faite qu’ils possédaient bien des produits illicites. À cette peine peut s’ajouter une sanction pénale pour les mêmes raisons: possession et trafic de produits dopants.

L’USAP sur la défensive

Le club de Perpignan, qui doit se rendre ce week-end sur la pelouse du Stade Français pour un match couperet, refuse de faire un quelconque amalgame avec le reste de l’équipe et a tôt fait de dégager toute responsabilité par un communiqué publié sur son site officiel: «Il s'agit de deux joueurs totalement amateurs qui ont respectivement effectué en tout et pour tout quarante et quinze minutes avec l'équipe espoir cette saison. Dès qu'il a été informé de la mise en examen de l'un d'entre eux en janvier dernier, le club l'a immédiatement exclu de celui-ci à titre conservatoire et en fait de même ce jour pour le deuxième joueur dont nous avons appris ce matin par la presse l'éventuelle implication.»

Même si le club reconnaît que ces deux joueurs ont bien une licence à l’Usap, il tient à préciser qu’ils ne sont pas sous contrat et ne dépendent pas non plus du centre de formation perpignanais. Dès lors, les responsables rejettent toute forme de soupçon qui pourrait tomber sur les autres joueurs du club, rappelant que ces deux joueurs n’ont jamais été contrôlés positifs dans le cadre d’un match disputé avec l’Usap (ce qui eût été un comble, compte tenu de leur faible temps de jeu sous le maillot catalan).

Le dopage, bientôt de 7 à 77 ans ?

Cette nouvelle affaire de dopage révèle que décidément, oui, le dopage semble toucher tous les niveaux, amateurs, espoirs ou professionnels. Il semble surtout que la prise de produits interdits se fasse de plus en plus tôt. À Caen, un des cyclistes impliqués dans une récente affaire n’avait que 21 ans. Et ici, ce sont deux jeunes espoirs du rugby de moins de 23 ans qui sont pris pour les mêmes faits. Faut-il donc prendre autant de risques et de plus en plus jeune pour espérer atteindre les sommets? Quoi qu’il en soit, le fléau du dopage semble se répandre dans tous les sports, à tous les niveaux et à tous les âges. Toujours plus vite, plus haut, plus fort... Mais à quel prix?


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