FC Barcelone- Real Madrid : un seul perdant, le football?

En 18 jours, ces deux clubs vont se rencontrer pas moins de quatre fois. Est-ce symptomatique de l'évolution du foot business et du sport en général?

Qualifiées tour à tour pour les demi-finales de la Ligue des Champions et la finale de la Coupe du Roi (Copa del Rey), les deux formations vont se rencontrer aussi pour le match retour en championnat. Le FC Barcelone et le Real Madrid trustent depuis longtemps les premières places et le phénomène semble s’accentuer. Quand sport rythme avec argent…

Le championnat espagnol existe-t-il encore?

Au soir de la 31è journée du championnat espagnol, Le FC Barcelone compte 84 points et une seule défaite. Son poursuivant le Real Madrid a quant à lui 76 points, soit huit de moins à sept journées de la fin. La Liga semble donc jouée. Mais le plus grave, c'est ce qui se passe derrière et qui semble plus symptomatique d’un championnat se résumant à une confrontation entre ces deux clubs. En effet, si on regarde la suite du classement, le FC Valence est bien troisième mais à 16 points du Real et 24 de Barcelone! Ce n’est plus un fossé qui sépare les deux clubs phares du reste du championnat espagnol mais bien un océan, au point qu'on peut se demander si ce championnat, que certains estiment être le plus beau, a encore un intérêt. La saison dernière, le classement était similaire et le FC Valence avait fini la saison avec 28 points de retard sur le FC Barcelone. Aussi est-il légitime de se poser la question suivante: sur les vingt clubs engagés dans la compétition, dix-huit d'entre eux servent-ils juste de faire-valoir aux deux grosses écuries?

Angleterre, italie : même constat

Certains diraient que ce n’est que du sport et pourtant…Vu l’argent investi dans les deux clubs, les enjeux dépassent une simple partie de football. Le budget du Real Madrid se chiffre à 440 millions d’euros contre 420 millions pour le FC Barcelone. Le troisième au classement du championnat et au classement du budget, le FC Valence, fait déjà figure d’enfant pauvre avec ses 120 millions (l’Olympique Lyonnais, club le plus pourvu dans l’Hexagone, a un budget de 150 millions). En queue de peloton, Levante et ses malheureux 19 millions (contre 18 millions pour Arles-Avignon en France) ne peut évidemment se mesurer à ces deux superpuissances du football.

Depuis de nombreuses années, le championnat anglais a coutume de se jouer entre les équipes que les spécialistes appellent le « big four », à savoir Manchester United, Arsenal, Liverpool et Chelsea, c'est-à-dire les plus gros budgets de Premier League. Et si Manchester City se mêle désormais à la lutte, c’est au prix de gros investissements et d’achats de joueurs à prix prohibitifs, sans réel résultat pour le moment. En Italie, si le championnat peut paraître plus ouvert, il se résume malgré tout le plus souvent à une lutte entre les deux clubs de Milan, de Rome et la Juve, soit là aussi les clubs les mieux pourvus financièrement.

Vers un championnat européen?

Ainsi, les championnats nationaux semblent de plus en plus atrophiés et ne se résument qu’à une lutte entre les clubs disposant de la plus grosse manne financière, au point que certains militent pour un championnat européen entre les clubs les plus riches du continent. Est-ce là aussi une évolution logique dans l’espace économique européen? Sport, finances et économies ne font plus qu’un et ceux qui sont pourvus aujourd’hui risquent de l’être davantage demain, creusant encore plus l’écart avec les autres clubs au risque de tuer un par un tous les championnats nationaux. À moins qu’une DNCG européenne (direction nationale de contrôle de gestion) vienne mettre son nez dans les finances de ces clubs, dont les pertes et déficits sont parfois abyssaux. Auquel cas, les premiers pourraient très vite se retrouver les derniers et vice-versa.

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