Film d'horreur, Snuff 102 ou le 7e art dévoyé

Apparemment le genre dit torture porn permet de faire tout et n'importe quoi. Snuff 102 en est la triste illustration.
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Qualifier ces images de long-métrage ou de film serait frôler l’hérésie tant snuff 102,apologie de l’horreur s’il en est, n’a été réalisé que pour choquer. En cela, il atteint largement son but.

Censuré dans le monde entier :

Pourquoi perdre son temps à réaliser de tels films si du moins cet objet peut être qualifié ainsi ? A cette question, il pourrait être légitime de répondre par une autre question: pourquoi perdre son temps à le regarder ? Justement pour savoir pourquoi il a été interdit sur tous les écrans du monde, un interdit justifié au vu des images. Snuff 102 a créé un immense scandale au f estival international du film de Mar del Plata provoquant des scènes d’évanouissement en série et même une crise cardiaque dit-on (mais n’est ce pas avec ce genre d’affirmation que l’on crée le buzz et la légende autour d’un film?). Des spectateurs auraient après coup porté plainte pour les images infligées. Considéré encore aujourd’hui comme l’un des films voire le film le plus violent du genre, il n’est officiellement interdit de diffusion nulle part mais comme aucun comité de notation ne veut l’évaluer, il est de ce fait indirectement censuré. Il n’est aujourd’hui trouvable que sur internet.

Synopsis :

Y a-t-il vraiment lieu à un synopsis ? Disons que c’est l’histoire d’un psychopathe qui torture trois femmes enfermées dans une même pièce. Ces femmes sont sa 100, 101 et 102è victimes d’où le titre Snuff 102 laissant entendre qu’il y a eu 99 victimes avant elles. En parallèle, une jeune journaliste interroge un critique de cinéma sur la possible existence du genre snuff et de sa philosophie. La boucle est bouclée. Le réalisateur, vicieusement, justifie son film par une pseudo étude sur le snuff movie et son psychopathe de service sert à illustrer l’enquête.

La réalisation :

A priori, réalisé avec peu de moyens, Snuff 102 ne brille pas par la qualité de ces images mais c’est bien sûr un effet voulu pour accentuer le côté amateur, cru et véridique des scènes. Un procédé déjà utilisé dans le « fameux » Cannibal Holocaust et repris plusieurs fois depuis notamment dans le projet blair witch  . Fictives, ces images n’en restent pas moins ultra choquantes : du couteau dans le vagin d’une de ses victimes, de l’acte nécrophile au massacre d’une femme à coup de marteau sur les dents et autres, c’est à la limite du soutenable. Le pire reste peut être lorsque les victimes cessent de hurler et ne sont plus que pantins et jouets dans les mains de leur tortionnaire. La musique électro-trash entêtante à souhait est là pour accentuer encore le malaise du spectateur, procédé là aussi déjà utilisé comme dans Irréversible de Gaspar Noé , autre film décrié en son temps pour sa violence.

Par contre, la fin, pour ceux qui sont allés tant bien que mal au bout, est tout à fait risible. La 102è victime réussit par miracle à s’évader. Elle est poursuivie par son tortionnaire qui alors en devient tout à fait ridicule en plein air. Est-ce que par ce final grotesque, le réalisateur a voulu soulager le spectateur des images vues pendant 1h35 auparavant et lui faire comprendre que ce n’est qu’une fiction ? Si c’est le cas, c’est la seule bonne intention du film…

Note d’intention :

Normalement à tout producteur, un réalisateur doit proposer un synopsis et une note d’intention dans laquelle il explique pourquoi il veut réaliser son film. Qu’a bien pu raconter Mariano Peralta au producteur pour lui faire lâcher un peu d’oseille ? Qu’il veut par ce film ultra-violent dénoncer cette forme de violence ? Si c’est le cas, il existe probablement d’autres façons possibles et bien plus subtiles avec images à l’appui pour atteindre ce but. Ici, il pourrait laisser croire que Snuff 102 est un prétexte futile pour assouvir ses propres fantasmes.

Un dernier mystère :

Et il est de taille. Qui sont donc les comédiens qui viennent se fourvoyer dans ce genre de projet ? Quel plaisir ont-ils à tourner des scènes aussi abjectes ? Sont-ils eux-mêmes des sortes d’adeptes du sado masochisme ou sont-ils prêt à tourner tout et n’importe quoi pour le cachet ?

Le torture-porn a ouvert des portes que certains réalisateurs ont franchies. Mariano Peralta est de ceux là avec Snuff 102 qu’il n’est pas vraiment utile de voir. Ou quand le cinéma perd ses lettres de noblesse.

Titre original : Snuff 102

Durée : 1h41 environ, année 2007

Sortie : jamais, Interdit au moins de…Non, simplement interdit

Réalisation et scénario : Mariano Peralta

production : T prod. producciones

Pays d'origine : Argentine

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