Freaks, la foire aux monstres

Malgré une sortie calamiteuse, ce film est avec le temps devenu un film culte classé parmi les plus grands chefs d'œuvre du cinéma

Sorti en 1932, Freaks, réalisé par Tod Browning, est un film comme il s’en ait fait rarement. Si dans un premier temps, il peut provoquer une gêne en vous entraînant dans un monde de monstres-humains, très vite, il vous fait oublier cette gêne par son humanité.

L’histoire et le casting

Synopsis  :

Des êtres difformes, les « freaks », se produisent dans le cirque Tetrallini, afin de s'exhiber en tant que phénomènes de foire. Le lilliputien Hans, pourtant fiancé à la naine Frieda, est subjugué par la beauté de l'acrobate Cléopâtre. Apprenant que le lilliputien a hérité d'une belle somme, Cléopâtre se marie avec lui pour mieux l'empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger...

La distribution :

Les personnages de Freaks ont tous été castés parmi une véritable foire aux monstres de l'époque. Que ce soit Hans le lilliputien, la femme à barbe ou encore l’homme tronc/ torse vivant ils sont tous de vrais artistes du cirque Barnum.

  • Phroso : Wallace Ford

  • Hercules : Henry Victor
  • Vénus : Leila Hyams
  • Cléopâtre : Olga Baclanova
  • Roscoe : Roscoe Ates
  • L'homme tronc : Prinee Randiant
  • Frieda : Daisy Earles
  • Madame Tetrallini : Rose Dione
  • La femme à barbe :Olga Roderick
  • Hans  : Harry Earles

Une sortie ratée

Adapté du roman  Spurs de Clarence Aaron Robbins sorti en 1923, Tod Browning a profité des largesses accordées par les dirigeants de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) pour réaliser son film. Mal lui en pris. Freaks est un fiasco non parce que considéré comme un mauvais film mais bien parce qu’il a choqué, trop choqué jusqu’à provoquer un scandale à sa sortie non seulement auprès des censeurs mais aussi de la critique et du public. Le long-métrage pourtant coupé d'environ une demi-heure et ne durant alors plus que 64 minutes, il ne passe décidément pas et est retiré très vite de l’affiche, Tod Browning et son film connaissent un cuisant fiasco. Tod Browning aurait-il en cette occasion pousser trop loin son attirance pour le fantastique et l’étrange ? Sans doute que oui pour son époque. Cependant, encore aujourd’hui, nul n’a réussi à filmer avec autant de pudeur et d’empathie ces personnages tellement différents de la norme à part peut être David Lynch et son Elephant man, Lynch qui a d’ailleurs sans doute trouvé son inspiration dans Freaks.

Aujourd’hui, Freaks fait l’unanimité

Considéré aujourd’hui comme un véritable chef d’œuvre, Freaks fait partie de la sélection National Film Preservation Board  qui a pour but de sauvegarder le patrimoine cinématographique en sélectionnant les meilleurs films. Beau et cruel, ce film est un conte humaniste sur le droit à la différence. Si l’impact de ce film est dû aux comédiens, donc à ces véritables personnes difformes et hors normes, la caméra de Tod Browning y est aussi pour beaucoup car il les filme dans leur quotidien, un quotidien similaire à celui de tout un chacun. Et ce n’est pas sur ce point, la moindre des qualités de ce long-métrage. Qui plus est, dans un premier temps, les rôles sont inversés. Les gens dits normaux sont en fait les plus hideux et mauvais tandis ceux qui considérés comme des monstres font preuve d’une profonde humanité mais aussi d’un profond sens de la communauté pour se protéger rejoignant ainsi la toute humaine cruauté à l’heure de la vengeance.

Freaks, à qui l’a vu, ne peut donc laisser indifférent tant par ces personnages que par son histoire. Un film d’une autre époque qui est indémodable et qui mérite son qualificatif de chef d’œuvre. A voir et à revoir sans retenue !

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