Japon: la menace d'une catastrophe nucléaire grandit

Après l'explosion du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fuckushima, les craintes d'un accident nucléaire majeur augmentent.

Alors que les autorités nippones ont tout fait pour tranquilliser les populations quant à un risque possible de catastrophe, celle-ci semble se rapprocher à grand pas après l’explosion du réacteur n°2 de Fuckushima1.

Les explosions s’enchaînent, les risques se multiplient

Après l’explosion de samedi qui avait atteint le réacteur n°1, puis une seconde ayant touché le réacteur n°3, ce sont de nouvelles explosions qui se sont faites entendre ce mardi aux alentours de six heures au Japon (22 heures GMT) et qui ont touché le réacteur n°2. « Il y a eu une grosse explosion » entre 06H00 et 06H15 du matin dans le réacteur 2, a déclaré un porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco), la compagnie d'électricité gérant la centrale. Cette explosion serait due à l’hydrogène. Jusqu’ici, les autorités avaient affirmé qu’« il n'y a absolument aucune possibilité d'un Tchernobyl », comme l'a déclaré dans la journée de lundi, le ministre de la Stratégie nationale, Koichiro Genba, sous-entendant que les réacteurs n°1 et 3 étaient sous contrôle et qu’ainsi les risques de fuite et de contamination étaient minimes.

Cependant, cela ne semble pas du tout être le cas pour le n°2. L’explosion aurait endommagé la piscine de condensation, enceinte conçue pour empêcher les fuites radioactives en cas d’accident, sans que celle-ci soit pour autant percée. Aujourd’hui, les autorités redoutent la fusion de ce réacteur. Devant l’ampleur des risques, les autorités japonaises ont fait appel aux compétences extérieures, à savoir l’Agence internationale de l’énergie atomique et aux Etats Unis.

Les explosions se succèdent, les répliques de secousse sismique continuent, les systèmes de refroidissement de trois réacteurs sont tombés en panne. Les tentatives de refroidissement des barres de combustible par eau de mer semblent de pas atteindre leur but. Enfin, le niveau de radiation de la centrale de Fuckushima augmente peu à peu pour atteindre 1.941 miscrosieverts par heure. Aux dernières nouvelles, le taux de radioactivité atteindrait des niveaux anormalement élevés dans la préfecture d’Ibaraki, préfecture qui se situe entre celle de Fuckushima et Tokyo, à une centaine de kilomètres de la capitale japonaise, Fuckushima étant elle située à 250 km de Tokyo et de ses 35 millions d’habitants.

Un bilan qui ne finit pas de s'alourdir

Ainsi, comme l’a précisé le Premier ministre Naoto Kan, « le Japon fait face à sa plus grave crise en 65 ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Le bilan humain est considérable et pour le moment difficilement chiffrable, les personnes évacuées et déplacées se comptent par centaines de milliers, les dégâts matériels donnent une impression d’apocalypse. Et si le Premier ministre déclare "La capacité du Japon à se relever dépend de chacun d'entre nous", il dépend peut-être aussi du reste du monde de prendre conscience que si le nucléaire est déjà en soi quelque chose de dangereux, il peut devenir très vite incontrôlable et se transformer en une arme de destruction massive en cas de catastrophe naturelle.

Source AFP: Liberration.fr, Ouestfrance.fr,

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