Jason Bourne

C'était un risque et le réalisateur Tony Gilroy l'a pris, poursuivre la franchise Jason Bourne sans Jason Bourne. Avec une réussite mitigée.
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Ce n'est pas forcément qu'une question de personnage mais il s'avère que de poursuivre les aventure d'un héros absent était un pari risqué. Et le risque par moment fut semble t-il un peu trop élevé.

Synopsis :

On croyait tout connaître de l'histoire de Jason Bourne et de son passé d’agent tueur malgré lui. Mais l’essentiel restait à découvrir. Le programme Treadstone dont Jason était le cobaye n’était que la partie émergée d’une conspiration plus ténébreuse, ourdie par d’autres branches du gouvernement et mettant en jeu d’autres agences de renseignement, d’autres programmes militaires, d’autres laboratoires secrets…De Treadstone est né "Outcome", dont Aaron Cross est un des six agents. Sa finalité n’est plus de fabriquer des tueurs, mais des hommes capables d’assurer isolément des missions à haut risque. En dévoilant une partie de cette organisation, Jason laissait derrière lui un "héritage" explosif : compromis, les agents "Outcome" sont désormais promis à une liquidation brutale. Effacés à jamais pour que le "père" du programme, le Colonel Byer puisse poursuivre ses sinistres activités.Une gigantesque chasse à l’homme commence, et Cross, devenue sa première cible, n’a d’autre recours que de retrouver et gagner la confiance de la biochimiste d’"Outcome", Marta Shearing, elle-même menacée de mort…

Le film :

Ca ressemble à un film d’espionnage, ça a quelques ingrédients du film d’espionnage mais ce n’est à vrai dire pas vraiment un film d’espionnage.

En effet, qualifier de film d’espionnage « Jason Bourne, l’héritage » ne serait pas une hérésie mais serait quelque peu exagéré. Il ne suffit pas de mettre en scène la plus grosse agence d’espionnage du monde, à savoir la C.I.A pour que cela suffise à faire un vrai film d’espionnage à la hauteur par exemple de l’excellent « La Taupe ». Il ne suffit pas non plus de prononcer maintes fois le nom de Jason Bourne et de montrer son portrait pour intégrer ce film dans la franchise « Jason Bourne ».

Le pari était osé de vouloir transformer la trilogie Jason Bourne en une éventuelle franchise qui serait appelée à perdurer. Ce qu’il est permis de douter en voyant le premier opus de l’après Jason Bourne.

D’héritage, il n’en y a guère ou très peu si ce n’est une méchante et machiavélique C.I.A à la poursuite d’un de ses agents qui échappe à son contrôle. Le lien est ténu même si Jason Bourne et Aaron Cross sont tous les deux des victimes/cobayes de programmes insensés. Au-delà, ce film ressemble plus à un plagiat quelconque de ses aînés. Il met du temps, beaucoup de temps à démarrer, perd le spectateur dans des dialogues pour le souvent inutiles et ressemblant dès lors plus à du verbiage nécessaire pour combler le vide scénaristique. Tout cela pour aboutir à une histoire de manipulation génétique à base de pilules. Un fort goût de déjà vu.

Il n’en reste pas moins qu’il existe quelques bons moments dans le film comme l’instant où Aaron révèle la manière dont il a été recruté par l’agence, ou encore son combat contre les drones et le loup. Enfin la scène finale tient toutes ses promesses et la course poursuite est haletante pour qui n’est pas encore lassé de voir cette sempiternelle course-poursuite dont on connaît par avance la fin. Le challenge, le vrai challenge, ne serait-il pas de faire un film d’espionnage-action sans course poursuite ? Enfin, est ce qu'un réalisateur prendrait le risque de réaliser un film nommé James Bond 007 sans James bond? Ici, peut se poser la même question.... Et ne valit-il pas mieux s'arrêter à la trilogie de Robert Ludlum ?

La réalisation quant à elle est classique, maîtrisée, le film ne comporte guère de défauts mais ne transpire pas non plus par son originalité. Le casting est bien en place, de Jeremy Renner , qui donne un tout autre relief à son personnage avec sa « gueule abîmée » que Matt Damon et sa tête de poupon, en passant par Rachel Weisz jusqu'à Edward Norton même s'il s'est déjà montré bien plus convaincant mais il est vrai dans des films eux aussi plus convaincants.

En résumé, ce film franchit juste la limite du bon film de distraction, sans plus. N’est pas Jason Bourne qui veut. Quant à la pilule , il y a peut être une qui vous enverra voir Alice au Pays des Merveilles ...

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