J.Edgar : au delà du biopic, il y a DiCaprio !

DiCaprio incarnant Hoover, nul n'aurait pu le concevoir quand ce jouvenceau apparut sur les écrans début des années 90. Mais quand on a le talent...

Un biopic n'est jamais un exercice facile. Clint Eastwood s'y attelle pour la seconde fois après Bird en 1987. Avec peut-être moins de réussite mais avec un énorme flair, celui d'avoir confié le rôle à Leonardo DiCaprio.

Synopsis

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans. J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Le film

Clint Eastwood n'a sans doute pas réalisé son film le plus accessible avec « J.Edgar » et n'a pas non plus cherché, contrairement à certaines de ses dernières réalisations ( Invictus , Gran Torino ...) le film plein de bons sentiments, limite larmoyant. Avec J.Edgar, il a pris le parti de raconter la vie privée d'un homme public. Un risque ? Oui quand on sait qui est Hoover , ce qu'il a vécu et ce qu'il a manigancé. C'est un demi siècle d 'histoire des Etats-Unis à lui tout seul.

Aussi, difficile de raconter un tel personnage même en 2H15 ( Bird , autre biopic d'Eastwood faisait 2h40). C'est donc sur les ambiguïtés de la vie privée d'un des hommes les plus puissants que le chevronné réalisateur a choisi d'axer son film.

Malheureusement, il ne révèle rien de nouveau. La présumée (est-ce vraiment toujours le cas ?) homosexualité d'Hoover était devenu un secret de polichinelle (lire le livre de Marc Dugain "La malédiction d'Edgar"). Et le film ne reposerait que sur cette supposée incompatibilité entre pouvoir et homosexualité ? Oui, si l'on considère Eastwood seulement comme modèle de la virilité à l'américaine, symbole d'une Amérique réac. Oui, si l'on voit Hoover comme le mâle ultra dominant, position de virilité absolue où l'homosexualité n'a pas sa place, d'où le refoulement durant ces longues années... Au delà de ce postulat, rien de vraiment original.

Le film n'est donc pas le chef d'oeuvre attendu et espéré. Certes, les reconstitutions de décor sont réussies, certes, les effets ombre et lumière accompagnent avec à propos les sentiments du patron du F.B.I. Mais trop de flash back, d'allers retours entre passé et présent amènent Eastwood à survoler quelques événements essentiels du parcours d'Hoover. L' ensemble semble être une réalisation conventionnelle, sans prise de risque comme si l'angle choisi pour raconter le personnage suffisait à lui tout seul.

Cependant, la meilleure idée du cinéaste est d'avoir donné le rôle à Leonardo DiCaprio. Non point que son talent ne s'était jamais affiché jusqu'ici. Di Caprio a habitué le spectateur à de brillantes performances dès ses débuts sans qu'il fut obligé d'apprécier pour autant le film ( Blessures secrètes , Roméo + juliette , Gilbert Grape et bien sûr le contournable Titanic ) Depuis, le comédien a fait un parcours plus qu'honorable sans pour autant être l'acteur incontournable. Mais là où peut-être Martin Scorsese a échoué, Eastwood a réussi. Lui donner un rôle à la dimension de son talent. Alternant colère refoulée, désespoir tout juste contenu, mépris affiché, DiCaprio incroyablement bien vieilli, offre une palette de son jeu qui est juste extraordinaire !

Ainsi, J.Edgar peut être vu comme une déception car lent et du coup un peu long mais pour qui aime voir un talent s'exprimer, ce film est incontournable car DiCaprio y excelle, surtout en V.O

Film : J.Edgar

Réalisateur : Clint Eastwood

Acteurs : Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer

Durée : 2H15

Genre : Biopic historique

Sortie en salles : 11 janvier 2012

Distributeur Warner Bros. France

Nationalité : américaine

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