Kadhafi : " Mon ami est fou"

Ainsi s'exprime Kadhafi en parlant de Nicolas Sarkozy lors d'une interview accordée à RTL
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Les rapports entre le président de la République française et le colonel Kadhafi se sont considérablement tendus ces derniers jours après que Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir intervenir militairement en Libye.

Ce st mon ami, mais je crois qu’il est devenu fou"

Le dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, n’a pas mâché ses mots sur la chaîne allemande RTL en parlant du président français. Ainsi, il déclare lors de cette entrevue: «C'est mon ami, mais je crois qu’il est devenu fou. Il souffre d’une maladie psychique. C’est ce que dit son entourage. Ses collaborateurs disent qu’il souffre d’une maladie psychique.» Le colonel ne précise pas pour autant si cette « maladie » avait un lien avec le secret concernant Nicolas Sarkozy qu'il compte révéler.

En effet, il avait annoncé le 10 mars dernier, par la voie de l’agence officielle libyenne, qu’il comptait lever le voile sur un « grave secret » concernant Nicolas Sarkozy, un secret qui entraînerait la chute de ce denier, voire « son jugement en liaison avec le financement de sa campagne ». Ces déclarations font suite à la reconnaissance officielle par le dirigeant français et son gouvernement du conseil national de transition libyen qui réunit tous les opposants au régime du colonel Kadhafi et qui se veut désormais « le seul représentant légitime du peuple libyen ».

Aujourd’hui, Mouammar Kadhafi semble vouloir faire payer au président français son empressement à vouloir intervenir militairement en Libye. Un empressement et des déclarations que les dirigeants de l’Union européenne n’avaient eux-mêmes que modérément appréciés. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, il paraît loin le temps où le président Sarkozy accueillait en grande pompe le dirigeant libyen.

Le colonel Kadhafi estime n'avoir rien à se reprocher

Jouant les victimes, le dictateur libyen se montre désolé par les critiques à son encontre de la part des Etats Unis et des Etats européens : "Mais qu'est-ce que j’ai fait pour les décevoir?», ose-t-il demander. Et se comparant à la reine mère d’Angleterre, il continue son argumentation: «Je n'ai pas de poste officiel et je ne peux donc pas être critiqué. Est-ce qu’on critique le reine Elizabeth II d’Angleterre pour sa politique?»

Sûr de son fait, le colonel annonce que « la rébellion sera brisée et tout redeviendra normal ». Et lorsque la guerre aura pris fin, il affirme que son pays ne pourra plus faire affaires avec les occidentaux qui « ont conspiré contre nous », exceptée l’Allemagne qui selon lui a une attitude « sensée ». Son pays se tournera désormais vers la Chine, la Russie et l’Inde pour ses futurs investissements.

Kadhafi reconquiert le terrain perdu

Les opérations de contre-offensive pour mettre à bas la rébellion semblent prêtes d’aboutir. Les rebelles perdent de plus en plus de terrain, les troupes de Kadhafi se rapprochent de plus en plus de Benghazi et ce dans une désormais quasi indifférence médiatique, et face à une communauté internationale impuissante qui n’arrive pas à se mettre d’accord sur un mode d’intervention. Comme un désastre remplace rapidement un autre, il semble que le séisme japonais soit arrivé à point nommé pour le dictateur libyen qui peut poursuivre son offensive à l’abri des caméras désormais toutes braquées sur la catastrophe nippone.

Source: AFP, liberation.fr, lefigaro.fr

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