Killing Fields : Un thriller qui s'embourbe dans le Bayou

Inspiré d'une histoire vraie, Killing Fields nous entraîne dans de multiples champs et à force va tout droit dans le talus.
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L'élève Ami Canaan Mann a encore quelques leçons à apprendre de son mentor et père Michael Mann. La jeune réalisatrice se perd dans son Killing Fields à multiplier les intrigues et sous intrigues et le spectateur en même temps. Dommage car Ami, au regard de certaines scènes, a du potentiel.

Synopsis

À Texas City, la police fait face à une série de meurtres, mais les rivalités internes qui minent la police et l’endroit épouvantable où ont été retrouvés les corps – le terrain vague de Killing Fields – compliquent l’enquête. Dans le comté voisin, les inspecteurs Mike Souder et Brian Heigh travaillent sur la disparition d’une jeune fille. Pas de cadavre, aucune piste. Lorsque Anne, une gamine des rues que Brian a prise sous son aile, est portée disparue à son tour, les deux inspecteurs commencent à se dire que la solution se cache peut-être du côté de Killing Fields…

Le film

Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain mais force est d'avouer que si Killng Fields n'est pas un film loupé, il n'est pas non plus une grande réussite. Et là, au vu de l'histoire initiale, au vu du potentiel scénaristique, on ne peut s'empêcher de prononcer le mot gâchis tant sur le papier, le projet devait tenir ses promesses.

En effet, la réalisatrice Ami Canaan Mann s'est perdue dans les multiples méandres du scénario qu'elle n'a d'ailleurs pas écrit ( Don Ferrarone a écrit le scénario et aurait peut être du s'abstenir). Et elle se perd à tel point qu'elle laisse les acteurs se dépatouiller avec cette histoire. Les deux compères Sam Worthington et Jeffrey Dean Morgan (mention spéciale à ce dernier qui est le seul à sortir son épingle du jeu dans ce thriller) ont certes des gueules qui en disent long sur leur passé, mais lequel ? Et alors ils ont les deux pieds plongés dans le Bayou avec des semelles de plomb, se dépatouillant entre les fausses pistes, les vrais-faux ou les faux-vrais criminels sadiques, on ne sait plus. Des personnages manquant d'histoire personnelle, un film manquant d'une histoire, d'un scénario digne d'un thriller des plus efficaces et une fin qui laisse plus que perplexe avec un message pseudo messiano-christique qui laisserait croire que la seule voie possible contre le mal, serait la foi. Si ce n'est pas typiquement américain ça...

Par contre, Killing Fields offre des images sublimes, des cadres fantastiques et une lumière splendide qui nous ferait presque envie de visiter ces terres de désolation post-ouragan. Des ambiances qui ne sont pas sans rappeler Dans la brume électrique de Tavernier. Coup de chapeau donc à Stuart Dryburgh qu'on pourrait d'ailleurs soupçonner d'avoir pris le contrôle du film et dès lors à ses côtés, une pauvre réalisatrice désabusée, impuissante, les bras ballants regardant le film se faire sous ses yeux et sans elle...

Au bout du bout, la seule question qui reste et qui turlupine l'esprit est de savoir comment Michael Mann a pu laisser se développer le film jusqu'au bout, lui qui en est le producteur. Peut être aurait-il du attendre encore un peu et tenter sa chance une nouvelle fois auprès de Danny Boyle car à eux deux, c'est tout de même Heat , Seven , Collateral ou encore Zodiac , ça laisse songeur quant au résultat désormais illusoire qu'aurait pu avoir Killing Fields.

  • Film « Killing Fields »
  • Réalisateur : Ami Canaan Mann
  • Acteurs : Sam Worthington, Jeffrey Dean Morgan, Chloe Moretz
  • Durée : 1H44
  • Genre : Thriller
  • Sortie en salles : 28 décembre 2011
  • Nationalité : Américaine
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport

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