La nouvelle guerre des boutons : Etait ce vraiment nécessaire ?

Dans sa version de la guerre, Christophe Barratier joue sur la fibre émotion, une fibre déjà exploitée dans ses précédents films et qui s'essouffle.

Synopsis :

Mars 1944. Alors que la planète est secouée par les soubresauts de la guerre mondiale, dans un petit coin d’une campagne française se joue une guerre de gosses… Car, depuis toujours, les gamins des villages voisins de Longeverne et Velrans s'affrontent sans merci. Mais, cette fois, leur guerre va prendre une tournure inattendue : tous les petits prisonniers se voient délestés des boutons de leurs vêtements, en sorte qu’ils repartent presque dénudés, vaincus et humiliés. Ce conflit porte désormais un nom : la « guerre des boutons ». Et le village qui aura récolté le plus de boutons sera déclaré vainqueur… En marge de ce conflit, Violette, une jeune fille d'origine juive, fait battre le cœur de Lebrac, le chef des Longeverne. La véritable origine de Violette sera-t-elle dénoncée et découverte ?

Le film :

Inutile de revenir sur la guerre qui oppose justement les remake du film d’ Yves Robert , La guerre des boutons de 1962. Le premier est sorti le 14 septembre, le second le 21 septembre et pour des raisons de droit et de timing, il ne s’appelle point « la guerre des boutons » mais la « nouvelle guerre des boutons ». Et cette nouvelle guerre est peut être celle de trop.

Déplaçant l’intrigue durant le second conflit Mondial et non plus durant la guerre d’Algérie, Christophe Barratier (réalisateur de Les Choristes et Faubourg 36 ) fait déjà une première entorse au film d’Yves Robert. en outre, il réutilise les mêmes ficelles (grosses) que dans ses précédents films : émotion, un peu de sourire, sentiments dégoulinants dans une France où tout le monde dans les campagnes était apparemment résistant. Et au dessus de tout ce schéma scénaristique qui commence à être quelque peu éculé, une vision nostalgique de la France, voire passéiste qui pourrait commencer à déranger certains et voir Christophe Barratier comme un réactionnaire.

Qui plus est, en réengageant les mêmes acteurs, notamment Kad Merad Gérard Jugnot qui s’ils ne déçoivent pas, ne peuvent plus nous surprendre dans des registres plus qu’entraperçus dans les deux précédents films de Barratier. S’ajoutent à ces deux noms, Guillaume Canet , Laetitia Casta , François Morel …. Et il est étonnant de constater, alors que le thème principal est tout de même une guerre entre enfants et qui sont par conséquent normalement les héros de cette histoire, toute la promotion du film se fait autour des quatre premiers acteurs cités qui, jusqu’à preuve du contraire, sont adultes.

Juger du jeu d’acteur des enfants serait malvenu car il apparaît qu’ils donnent tout ce qu’ils peuvent avec la meilleure bonne foi.Cependant s’il en était un pour qui le challenge pouvait être bien plus difficile que pour les autres, c’était bien pour Clément Godefroy , qui s’en sort pas trop mal en incarnant Petit Gibus même si c'est un cran en dessous de Martin Lartigue dans la version de 1962.

En résumé, ce film est loin d’être un incontournable car par trop dénaturé de la première version. L’esprit qui habitait le film d’Yves Robert semble s’être perdu dans la campagne couleur sépia de Christophe Barratier et Thomas Langmann , producteur qui semble avoir tendance à dénaturer tout ce qu’il touche.

Date de sortie cinéma : 21 septembre 2011

Réalisé par Christophe Barratier

Avec Laetitia Casta, Guillaume Canet, Kad Merad, François Morel

Long-métrage français . Genre : Comédie, adaptation très libre d du livre La guerre des boutons de Louis Pergaud

Durée : 01h40min Année de production : 2011

Production La Petite Reine et Studio 37

Distributeur : Mars Distribution

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