L'ange du mal : un gangster très conventionnel

Après Romanzo criminale, le réalisateur italien Michele Placido se penche de nouveau sur l'univers du grand banditisme, avec moins de brio.
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L’ange du mal raconte la trajectoire d’un des plus célèbres gangsters italiens, Renato Vallanzasca mais une trajectoire et une réalisation sans surprise et sans originalité.

Synopsis :

Un premier crime à l’âge de 9 ans, une réputation d’envergure à 27 ans. Le gangster Renato Vallanzasca défraie la chronique en Italie. Son charme et son humour gagnent le cœur de la plupart des Italiens, malgré les violences commises par son gang. Arrêté à maintes reprises et aujourd’hui condamné à une quadruple perpétuité, celui qu’on surnomme "l’Ange du mal" s’est joué des institutions pénitentiaires et a créé sa propre légende.

Le film :

Faire reposer un film sur les épaules d’un seul et unique personnage, même s’il s’agit d’un biopic, n’est ce pas trop ? En effet, très peu d’images sans la présence, (l’omnipotence ?) d’un certes très bon Kim Rossi Stuart mais envahissant. A croire que les italiens, Milan, l’Italie toute entière ne vivaient à cette époque que pour suivre les aventures de Renato. Le film ne remet pas du tout l’histoire de ce gangster dans un contexte plus général (pourtant bouillant à cette époque) rendant dès lors le tout un peu étouffant. Le réalisateur, Michele Placido , a pris le parti de suivre son héros et uniquement son héros au destin hors norme et aux codes hors du commun mais sans surprise tant ces codes ont été maintes fois vus et revus au cinéma.

Difficile notamment de ne pas faire la parallèle avec le diptyque sur Jacques Mesrine ( L'instinct de Mort et l'ennemi public n°1 ) tant leur destins semblent similaires. Cependant, là où le français agissait le plus souvent déguisé, l’italien lui ne fait rien pour se cacher et commet ses délits à visage découvert faisant preuve sans doute d’une plus grande mégalomanie que son homologue. Par ailleurs, si l’on peut deviner l’origine de la violence et du rejet d’une certaine société chez Mesrine, difficile de les discerner chez Vallanzasca hormis la mort de son frère qui était pour lui un modèle. D’ailleurs, le film démarre sur un ton assez léger décrivant les quelques bêtises et passages en maison de correction de Rénato enfant mais rien qui explique ou qui justifie réellement ce virage vers la violence.

Et lorsque Rénato essaye de se justifier lui-même en prétendant qu’il n’est foncièrement pas violent mais que ce sont les autres qui l’y ont obligé, qui l’y ont poussé, cela paraît un peu court comme explication d’autant qu’un peu plus tard il affirme « Je suis comme l’ange fasciné par la noirceur ».Contradictoire. Cependant, chez les deux gangsters, on ressent la même lucidité et la même résignation d’un destin inéluctable. Et chez Les deux acteurs, Kim Rossi Stuart et Vincent Cassel , on ressent aussi la même fougue, la même hargne et semble t-il le même plaisir d’avoir le droit de dire merde à tout et tout le monde

La mise en scène, elle aussi conventionnelle, n’en est pas moins efficace. Pas de faille mais pas de risque non plus. Placido raconte une histoire en prenant tous les ingrédients utiles à un polard (violence, meurtres, argent…sans oublier les femmes faciles) et la filme avec simplicité voire une certaine neutralité, ne justifiant pas la violence de son héros mais n’en l’accusant pas non plus. (N’est ce pas d’ailleurs un peu facile ?) Il se contente de raconter.

En résumé, ce biopic s’il ne présente aucune originalité ni de réelles surprises, il ne déçoit pas non plus et atteint son but, raconter l’histoire d’un des plus célèbres, voire le plus célèbre des gangsters transalpins : Renato Vallanzasca

Date de sortie cinéma : 7 septembre 2011

Réalisé par Michele Placido

Scénario :Michele Placido et Kim Rossi Stuart,

Avec Kim rossi Stuart, Filippo Timi, Moritz Bleibtreu

Titre original : Vallanzasca - Gli angeli del male

Interdit aux moins de 12 ans

Long-métrage italien. Genre :Biopic - Policier/gangster

Durée : 01h51min Année de production : 2010

Distributeur : Wild Bunch Distribution

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