L'Apollonide, souvenirs de la maison close, un film aguicheur

Langueur et longueur. Lascivité et passivité. Exhibitionnisme et esthétisme. Bertrand Bonello nous sort de sa maison close un long-métrage multifacettes.

S’il est indéniable que son film l’Apollonide est d’un très bel esthétisme, il est tout aussi indéniable que cet esthétisme sert à couvrir un manque cruel d’histoire pour qu’on puisse parler d’un film accompli.

Synopsis :

À l'aube du XXème siècle, dans une maison close à Paris, une prostituée a le visage marqué d'une cicatrice qui lui dessine un sourire tragique. Autour de la femme qui rit, la vie des autres filles s’organise, leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs douleurs... Du monde extérieur, on ne sait rien. La maison est close.

Le film :

Pour celui qui veut voir des femmes se languir deux heures durant, L’Apollonide est un film pour lui. Mais pour celui ou celle à qui ça ne suffit pas, il passera son chemin. A sujet quelque peu mystérieux, peut être un peu racoleur au départ, seule l’idée d’entre ouvrir la porte de la maison close est belle. Une fois à l’intérieur, le client a de quoi déchanter et peut considérer qu’il n’en a pas eu pour son argent. Pas d’histoire, pas de fil conducteur, des filles par moments agaçantes avec leur petites rivalités insignifiantes et il ne suffit pas d’attribuer à une d’entre elles un facies à la « Scarface »(qui évoque bien plus d’ailleurs le sourire du joker dans Batman ) pour donner un peu de piment à cette histoire. Au bout, le spectateur assiste à une longue suite, à une ennuyeuse galerie de portraits que Bertrand Bonello filme certes avec talent mais sans énergie faisant dès lors une référence trop appuyée à des tableaux de maître. Les bobines des unes et des autres, leur position aguichante, font peut être effet au début mais lassent vite et on attend désespérément qu’il se passe un petit quelque chose dans cette maison close.

Et ce n’est pas non plus la présence d’un Gustave Courbet dans les murs de l’Apollonide s’acharnant à contempler les tréfonds du sexe de sa compagne nocturne pour y trouver L'Origine du monde , relevant dès lors de l’anecdotique dans ce marasme d’ennui, qui peut à lui tout seul sauver le film.

L’Apollonide, souvenirs de la maison close, avec ses décors, ses costumes, sa lumière, ses couleurs, est un beau film, certes mais c’est tout, cette beauté cachant une profonde misère scénaristique. Et si un site d'un célèbre journal culturel fait un des ses gros titres ce titre Box-office: le succès de "L’Apollonide" confirme la grande rentrée du cinéma d’auteur ., la question est de savoir auteur de quoi? Réalisateur certes mais auteur...D'un film au titre aguicheur, il ne reste donc que l'esthétisme et on lui préfèrera encore la série diffusée sur Canal plus , Maison Close dans laquelle, il existe au moins une histoire.

Date de sortie cinéma : 21 septembre 2011

Réalisé par Bertrand Bonello

Avec Hafsia Herzi, Noémie Lvovsky Céline Sallette, Jasmine Trinca,

Interdit aux moins de 12 ans

Long-métrage français. Genre : Drame historique

Durée : 02h02min Année de production : 2011

Production Les Films du Lendemain

Distributeur : Haut et Court

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