Le cannabis gros consommateur d'électricité trahit son producteur

Cette mésaventure est arrivée à un homme de Tignes qui s'est fait repérer à cause de ses factures d'électricité très élevées.
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Lorsque les gendarmes sont arrivés chez cet habitant de Tignes, ils ont retrouvé 18 pieds de cannabis sous serre à l’intérieur de son appartement.

Les lampes chauffantes, cause du malheur de ce cultivateur

Cet homme de 37 ans faisait donc pousser du cannabis dans son appartement à Tignes (département des Alpes du Nord). Mais pour que ces plantes grandissent, tout bon producteur doit utiliser notamment des lampes chauffantes. Or, celles-ci sont grandes consommatrices d’électricité et ont permis à la gendarmerie de Val d’Isère de localiser et appréhender l’individu par une méthode qui est peut être une première dans la lutte contre les stupéfiants :« Pour localiser précisément dans quel appartement il logeait, nous avons consulté les factures d’électricité des résidents de l’immeuble, car l’utilisation de lampes pour la culture du cannabis implique une forte consommation électrique. Nous avons alors constaté que l’un d’entre eux consommait beaucoup plus d’électricité que les autres. La différence de consommation en kilowatts était flagrante ! » Ainsi, les factures ont trahi le producteur qui était en outre fort bien équipé pour mener à bien ses opérations de culture : il avait dans son appartement deux serres de culture avec un système de ventilation, d’humidification et donc d’éclairage.

Cependant, lors de sa garde à vue, l’homme s’est défendu de s’adonner à un quelconque trafic et a déclaré que toute cette production était destinée à son usage personnel. S’il a été remis en liberté, les gendarmes le soupçonnent malgré tout de vendre son cannabis par sachet de 10 grammes pour une valeur de 40 euros le sachet. Le cultivateur, qui doit être présenté le premier août devant le tribunal correctionnel d'Albertville, peut voir sa peine atteindre dix ans de prison et 7,5 millions d'euros d'amende.

Aux Pays Bas, la guerre est déclarée

Si cette méthode de décorticage de factures est peut être inédite en France, elle existe bel et bien déjà aux Pays Bas. En effet, Courrier International rapporte dans son édition du 13 janvier 2011 que le fournisseur d’électricité Stedin Netbeheer avec l’aide de policiers effectue des descentes chez d’éventuels producteurs de cannabis en s’appuyant sur des analyses de consommation d’électricité. Ce fournisseur dit en avoir marre de voir son électricité détournée par des branchements sauvages qu’effectueraient les cultivateurs et qui lui feraient perdre 11,6 millions d’euros par an.

L’équipe de surveillance et de repérage de Stedin Netbeheer composée de pas moins de 32 personnes, guette le moindre indice, la surconsommation d’électricité évidemment mais aussi d’éventuels filtres à air extérieurs, des câbles suspects ou encore la fonte des neiges sur les toits qui, si elle est rapide, peut être un indice. Cette équipe est même munie de caméras thermiques pour pouvoir mieux espionner et éventuellement repérer les contrevenants.

La chasse est donc ouverte mais dans quel but ? Arrêter des trafiquants ou juste mettre un terme à la surconsommation d’électricité ?

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Source: AFP, Ouest France.fr, Courrier International

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