Le féminicide bientôt dans le code pénal ?

De notion, le féminicide est devenu réalité en s'imposant dans le Code pénal de nombreux pays. Et peut-être bientôt en France.

Le féminicide est un néologisme mais de plus en plus entendu et qui s'impose comme nouvelle définition de meurtre. Il peut être lourd de conséquences pour les criminels qui attenteraient à l'intégrité et à la vie des femmes. Et c'est aujourd'hui le combat que mène Jean-Michel Bouvier pour l'inscrire dans le Code pénal français.

Le féminicide : A quand une définition ?

Il n'existe guère de définition universellement établie et le terme n'apparaît pas encore dans les dictionnaires. Quand on l'écrit sous word ou open office, ces deux logiciels ne manquent pas de le souligner ne l'ayant pas intégré.

Cependant, cette définition peut être simple comme l'a laissé entendre Diana Russell, écrivain et activiste sud-africaine. D’après elle , le fémicide est le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme. Au-delà de ce triste postulat de départ, par extension, le féminicide englobe tout ce qui touche l'intégrité de la femme : viol, mutilation, meurtre... Et toutes ces horreurs découlent d'une seule et unique raison: la négation de la femme parce que femme, la négation de la féminité dans son intégrité physique et psychique.

Le féminicide généralisé

Le féminicide n'est pas l'exclusivité d'une région, d'un pays, d'un continent. Mais le triste symbole du féminicide en série est Ciudad Juárez au Mexique où meurtres, disparitions, mutilations, viols des femmes des quartiers pauvres de la ville se multiplient en toute impunité. Son voisin, le Guatemala connaît aussi ce phénomène à grande ampleur.

Cependant, l'Amérique centrale n'est pas la seule à s'adonner au féminicide. Sur tous les continents du monde, les meurtres de femmes sont choses trop courantes. En RDC (République démocratique du Congo), les hommes semblent agir en toute impunité, violant, mutilant, assassinant les femmes parce que ce sont "juste" des femmes.

Et en France ?

Le féminicide n'est pas encore inscrit dans le Code pénal mais c'est le combat que mène désormais Jean-Michel Bouvier , le père de Cassandre Bouvier, cette étudiante française qui avec son amie Houria Moumni , s'est faite littéralement massacrer durant l'été 2011, en Argentine. Ce fait divers sordide qui a choqué l'opinion des deux côtés de l'Atlantique, a semble t-il réveillé les consciences sur les persécutions subies par les femmes.

Aujourd'hui, Jean-Michel Bouvier fait donc campagne pour que le féminicide soit inscrit dans le Code pénal français. Le Mexique, par exemple, a reconnu en juillet 2011 le féminicide comme un crime sexiste. Et si en France, on faisait de même, le féminicide deviendrait alors une circonstance aggravante pour les violeurs, assassins, pour tous ceux qui aviliraient, annihileraient la femme dans son statut, son état de femme.

Sources :

Emission du 05/11/2011 « Salut les terriens » de Thierry Ardison

Agora vox, article : « Fémicide : meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme » La rédaction, 13 janvier 2011

Europe1.fr : article « Le père de Cassandre Bouvier se confie » 17/09/2011

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