Le Malawi et la loi du pet

La flatulence bientôt interdite dans les rues malawites?
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Il est des pays qui ont des sérieux problèmes à résoudre. Le Malawi qui a voulu réactualiser une loi de 1929 interdisant le pet dans les rues, en fait partie.

Une lutte sans merci contre l’indécence

Le Malawi, pays de 15 millions d’âmes, situé au sud-est du continent africain, capitale Lilongwe, fait partie de ces pays dont on n'entend peu ou jamais parler. Cependant, aujourd'hui, ce pays fait le "buzz". En effet, comme l'a indiqué le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles malawite, Georges Chaponda, à la radio indépendante Capital Radio, le 4 février, le Parlement va se pencher sur un gros souci de décence public, à savoir le lâcher de pet en présence d'autrui et dans des lieux publics. Et pour arriver à ses fins, il est prêt à réactualiser une loi datant de la période coloniale du pays.

Cette loi de 1929 et qui interdisait donc toute manifestation gazeuse dans des lieux publics avait selon le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, un impact sur la population malawite durant la dictature (1964-1994) car selon lui, durant cette période « lâcher des vents en public, ça n’arrivait pas (...) parce que les gens avaient peur des conséquences ». Est-ce à dire que depuis, le Malawite ne fait plus aucun effort pour se retenir? Et le ministre de rajouter sérieusement que "les besoins de la nature peuvent être contrôlés", les Malawites "peuvent très bien aller aux toilettes au lieu de péter en public". Certes, mais encore faudrait-il qu’il y ait des toilettes à proximité. Georges Chaponda semble prendre la question très au sérieux car il affirme haut et fort que par la réactualisation de cette loi, il compte bien "imposer l'ordre".

Quand la période coloniale sentait bon

La loi de 1929 appelée "Souiller l’air" notifie que "toute personne viciant l’atmosphère en tout endroit ou telle activité s’avère nocive pour le public ou pour la santé de ses occupants ou des personnes commerçant dans le voisinage ou bien empruntant une voie publique, se rend coupable d’un délit". Ainsi, cette loi remise au goût du jour, pourra qualifier tout lâcher intempestif de pet, vent, flatulence et autres, de délit mineur pouvant être sanctionné d’une petite amende. Si cette loi était aujourd'hui appliquée, elle donnerait lieu à une première car jusqu’ici nul Malawite n’avait été sanctionné pour avoir vicié l’air, la police n’ayant eu recours à ce texte législatif.

Le Parlement malawite doit se prononcer sur cet épineux problème la semaine prochaine. Gageons qu’il aura le nez fin en votant contre cette loi malodorante et qu’il restera ainsi en odeur de sainteté auprès de sa population.

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