Le requin en voie de disparition pour un bol de soupe

Le Pew Environnement Group affirme que la pêche au requin conduit à la disparition de 73 millions de ceux-ci chaque année, juste pour leurs ailerons.

Une pêche qui tourne à la surpêche et qui conduit tout droit à la menace de l’extinction d’une des plus vieilles espèces aquatiques. Tout ça pour satisfaire les papilles des hommes.

Un massacre organisé

Matt Rand , responsable du programme de protection des requins pour Pew Environment Group - European Marine Programme , déclare ainsi à l’AFP (Agence France Presse): «Nous avons commencé à éliminer (les requins) des océans à un rythme jamais vu dans l'histoire de cet animal, longue de 400 millions d'années». Ainsi, La surpêche menace la survie du requin . Cette surpêche, pour ne pas employer le mot massacre, a uniquement pour but le commerce de leurs ailerons, ingrédient nécessaire dans la composition d'une soupe notamment et plus particulièrement en Chine. "La soupe à l'aileron est un mets délicat servi dans les grandes occasions, notamment religieuses" souligne Fiona Ma , députée démocrate de San Francisco.

Ainsi, pour que des hommes puissent assouvir un futile plaisir -une soupe traditionnelle chinoise dont l’aileron est l’un des ingrédients- un des plus grands prédateurs de notre planète, disparaît à raison de 73 millions d’unités par an. Un chiffre exorbitant. La nageoire est coupée sur l'animal encore vivant. Celui-ci est ensuite relâché dans l'eau où il meurt parfois au bout d'une longue agonie de plusieurs jours.

Une extinction à court terme

Là où il y a demande, il y a argent à gagner et le commerce des ailerons de requins rapporte. En effet, chaque kilo est vendu 700 dollars. Et les requins qui « sont apparus quelque 100 millions d'années avant les dinosaures et ont réussi à survivre à leur extinction. Mais cette pratique est en train de les détruire, tout cela pour un bol de soupe», se désole Matt Rand. Ainsi, d'après le rapport, ce ne sont pas moins de trente espèces de requins qui seraient directement menacées de disparition.

Car au rythme où ils sont chassés, les requins n’auront pas le temps de se renouveler. En effet, cet animal est fragilisé par son cycle biologique, plus proche de celui des baleines ou des dauphins. Il atteint sa maturité sexuelle vers une dizaine d’années d’existence et il ne peut avoir que de petits à la fois. "Si rien n'est fait, plusieurs espèces pourraient disparaître d'ici une dizaine d'années", avertit M. Rand.

Comment les protéger ?

Les défenseurs des requins ont récemment remporté quelques victoires comme dans l'archipel de Palau (Pacifique), au Honduras et aux Maldives qui ont interdit entre 2009 et 2010 la pêche aux requins dans leurs eaux territoriales. Les Bahamas vont prendre les mêmes mesures et pour Matt Rand, l'archipel «deviendra un fleuron de la protection des requins dans l'Atlantique» ; ce qui ne pourrait être suffisant pour protéger l’espèce mais qui serait une avancée.

Cependant, tant que la Chine elle-même ne prendra conscience de la possible disparition du requin, le massacre semble devoir perdurer. Dans l’Empire du milieu, peu d'initiatives sont prises, à l'exception de celle du milliardaire et député chinois Ding Liguo. En effet, celui-ci a, cette année, proposé un embargo total sur le commerce d'ailerons de requins, estimant que "seule la loi peut enrayer le commerce des ailerons et réduire les massacres de requins" considérant que l'opinion publique chinoise n'y était pas prête.


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