Le syndrome de Stendhal ou quand l'art détruit ses admirateurs

L'art est il dangereux pour la santé ? A cette question certains spécialistes ont répondu par l'affirmative et ont nommé ce syndrome, Stendhal.

Les polémiques se multiplient en France autour de certaines œuvres notamment autour de l’œuvre d’Andres Seranno, le Piss Christ : ou encore au mois de février l’exposition de Soazig Chamaillard :notamment avec la Vierge déguisée en Superman . Ces deux expositions heurtent la sensibilité de certains soit par leur aspect esthétique soit par leur présumé atteinte à la dignité de la religion catholique et peuvent être considérées par ces mêmes personnes comme nocives. Cependant, il est un fait divers qui vient de démontrer ou rappeler que l’art peut être aussi nocif pour la santé.

Gauguin agressé :

Dans son édition du 05 avril 2011, le journal en ligne Liberation.fr rapporte ce fait divers : Une toile de Gauguin «trop homosexuelle» ? . En effet, une américaine, Suzan Burns a tenté de «attrapé le cadre de la toile, a essayé de le décrocher du mur, puis a frappé avec son poing droit le centre du tableau», selon le rapport de police établi. Et cette pauvre femme s’est échinée pour rien sur les « Deux Tahitiennes » du peintre Paul Gauguin (œuvre estimée à quelque 55 millions d’euros) car le tableau est protégé par un bouclier transparent acrylique. Malgré son échec cuisant, Suzan Burns a quand même réussi à semer la panique pendant un moment à la galerie nationale de l’art à Washington, là où est donc exposée la peinture.

Les « Deux Tahitiennes » très « homosexuelles » :

Telle est la raison et tels sont les termes qu’a employés Suzan Burns pour expliquer son geste, rajoutant que cette peinture était dangereuse pour les enfants car elle montre trop de nu avouant qu’elle essayait « de la retirer, je pense qu'elle devrait être brûlée», geste qui en l’occurrence eut été adéquat avec son nom. Cependant, la justice pourra peut être se montrer clémente envers la fautive après avoir entendu sa dernière déclaration : «Je suis de la CIA américaine et j'ai une radio dans la tête. Je vais vous tuer.» Phrase qui sans doute révèle un déséquilibre mental momentané et que les médecins appellent le syndrome de Stendhal.

Le syndrome de Stendhal :

« Peut-on mourir d’art ? ». Cette question, c’est l’écrivain lui-même qui se l’est posé et l’a posé suite à un voyage à florence où il s’est senti pris de vertiges devant tant d’œuvres d’art et de beauté. Ainsi Stendhal a révélé que l’art pouvait être dangereux. Et la psychiatre spécialisée dans ce syndrome Graziella Magherini, confirme que dans l’hôpital de Florence, elle a vu de nombreux cas atteint de malaises liés à l’art. Les symptômes sont toujours les mêmes : vertiges, perte du sentiment d’identité, tachycardie et pour certains, le syndrome peut aller jusqu’à la dépression.

Il semblerait que les personnes soient victimes d’un trop plein d’émotions qu’elles n’arrivent pas à gérer passant d’un état euphorique à la dépression avec parfois une peur de mourir. Mais pourquoi cette dépression ? Un sentiment coupable de ne pouvoir réaliser soi même un chef d’œuvre, la culpabilité se sentir si peu de chose devant toute cette beauté ? Quoi qu’il en soit, et toujours d’après Graziella Magherini, " Nous sommes tous porteurs du syndrome de Stendhal. Ce phénomène reste pour la plupart d’entre nous diffus. Dans certaines conditions d’intimité, une oeuvre d’art fonctionne pour celui qui la regarde comme le symbole d’un drame intérieur ». Comme toute bonne chose, l’art, lui aussi, serait donc à consommer et à admirer avec modération.

Graziella Magherini, « La sindrome di Stendhal ", éditions Ponte alle Grazie, 1996.

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