Les crimes de Snowtown : une peinture macabre de l'humain

Il y aura peut être un avant et un après Snowtown. Sans retenue, ce film nous entraîne vers la plus terrible des noirceurs de l'âme humaine.

Les crimes de Snowtown est un vrai thriller inspiré d'un plus que simple fait divers qui eut lieu dans les années 90 en Australie. Pour son premier film, Justin Kurzel ne prend ni gants ni pincettes et filme froidement l'horreur d'un personnage, John Bunting.

Synopsis :

Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l’admire comme le père qu’il n’a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu'ait connu l’Australie…

Le film :

L'Australie découvre avec stupeur à la fin des années 90 les forfaits commis par John Bunting dans la ville de Snowtown non loin d'Adélaïde. Pas moins de douze cadavres furent découverts dans des barils, douze personnes assassinées pour des raisons diverses par Bunting et ses complices. Et c'est donc de cette sordide affaire que le néo réalisateur Justin Kurzel s'est inspiré pour son premier long métrage, les crimes de Snowtown. Au delà du titre qui ne peut être plus explicite, le film aborde aussi, et tout comme dans Animal Kingdom, la déshérence d'un ado paumé dans une banlieue sordide où ne règne plus qu'un semblant d'ordre. Et c'est l'endroit rêvé pour un John Bunting qui se veut justicier mais qui n'est plus ni moins qu'un serial killer doté d'une cruauté sans limite.

Et cette cruauté, Kurzel ne se retient pas pour la filmer au point que certains pourraient l'accuser de complaisance ou d'autres parleraient d'un naturalisme sauvage poussé à l'extrême limite du soutenable. Oui, le réalisateur australien filme l'horreur mais elle n'est pas gratuite comme dans un torture porn. Elle a au moins un sens : celle d'ériger cette horreur en allégorie de la désolation sociale et économique d'une frange de la société australienne avec à l'appui une galerie de portraits de paumés de toute sorte et de tout style. En filigrane des meurtres, il y a l'évolution de l'emprise de John sur Jamie qui le pousse à basculer vers le sordide mais et aussi et sans doute l'attirance de John pour ce même Jamie d'où cette fixation du tueur sur les homosexuels et les pédophiles, une façon pour lui de repousser son penchant.

Certes, ce film comporte des longueurs inutiles et des séquences tout à fait superflues lors d'actes barbares qui auraient pu provoquer l'effet inverse du but recherché, à savoir en rire plutôt que de crisper la mâchoire tant c'est parfois lourd mais les crimes de Snowtown reste un film audacieux qui marquera cette fin d'année 2011.

Les crimes de Snowtown est donc le film à voir (en V.O) pour comprendre ce dont est capable l'humain, comprendre la noirceur de l'âme humaine mais aussi ce dont sont capables les pouvoirs publics à savoir laisser pour « morts-vivants » les sacrifiés de la société.

  • Film « Les crimes de Snowtown »
  • Réalisateur :Justin Kurzel
  • Acteurs : Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris
  • Durée : 2H00
  • Genre : Thriller glacial
  • Sortie en salles : 28 décembre 2011
  • Nationalité : Australie
  • Distributeur : ARP Sélection
  • Interdit au moins de 16 ans

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