L'espace : la plus grande décharge à ciel ouvert

Cela se passe à plusieurs milliers de kilomètres au dessus de nos têtes sans qu'on puisse le voir mais aujourd'hui, l'espace est bel et bien pollué.

Après l’eau, après la terre, après l’air, l’homme n’a pas trouvé mieux que de s’attaquer à l’espace. Depuis le lancement de Spoutnik 1, en 1957, plus de 6 000 satellites artificiels ont été mis sur orbite, sans que quiconque sache quoi en faire une fois qu’ils ne sont plus utilisables.

Entre ciel et terre

Ils sont 500 aujourd’hui en activité pour nous permettre de communiquer toujours plus. Un demi-siècle d’exploration spatiale, notamment pour notre confort, a généré une pollution inévitable qui inquiète de plus den plus. Cette pollution est composée de multiples objets comme le révèle l’association robindesbois.­org dans un rapport de 65 pages. Dans cet espace, on y trouve pêle-mêle : quelques 2 000 étages de fusées mais aussi des appareils photo, une balle de golf envoyée pour le tournage d’une pub, des câbles, des milliers d’aiguilles américaines larguées pour brouiller les radars soviétiques dans les années 1960. A plusieurs milliers de kilomètres au dessus de nos têtes, l'espace est donc rempli d'objets et de débris divers et variés. Entre 600 et 900 km de la Terre, on estime à 360 000 objets d’une taille inférieure à 10 cm, et 11 500 objets d’une taille supérieure qui « naviguent » dans l’espace avant de chuter ou de rentrer en collision avec un autre objet même si beaucoup vont subir les effets d’une usure naturelle due au frottement avec l’atmosphère. Cependant, pour une usure complète, il faut compter un à deux siècles selon les objets. Le problème est encore plus grave dans des orbites plus éloignées car ce n’est plus en centaines d’années qu’il faut escompter voir les objets s’user mais en milliers d’années…

Le danger nucléaire

Et comme l’être humain a du mal à retenir les leçons de ses erreurs, que ce soit Tchernobyl ou plus récemment la catastrophe de Fukushima - ,il n’hésite pas à persévérer dans son erreur. En effet, toujours dans le même rapport, l’association environnementale évoque le nucléaire qui a beaucoup servi en un demi-siècle de conquête et d’exploration de l’espace. L’ex-URSS, à elle seule, a lancé 33 appareils spatiaux à propulsion nucléaire ou encore et dans une moindre proportion, pour faire circuler la Jeep lunaire. Cette utilisation suscite donc de sérieuses inquiétudes sur le plan de la radioactivité dans l’espace car ce sont des sources de radiation à retardement quasi incontrôlables. En effet, après avoir achevé leurs missions, les propulseurs quittent les satellites pour passer à une orbite « cimetière » (700-1000 km d’altitude). Là, les propulseurs sont séparés de leurs noyaux qui ne sont rien d’autre que des cartouches de combustible nucléaire.

Aujourd’hui, une partie de la communauté scientifique s’alarme devant cet état de fait mais n’a aucune réponse pour prévenir une éventuelle catastrophe future et pour nettoyer l’espace de cette pollution.


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