Martha Marcy May Marlene : M les maudites

Se reconstruire après une expérience sectaire n'est pas simple. C'est ce que tente Martha après avoir fui la secte mais qui la hante toujours

Film d'auteur et premier œuvre de Sean Dukin, Martha Marcy May Marlene souffre d'une dichotomie entre l'intention et la réalisation. Cependant, Elisabeth Olsen y fait une prestation remarquée.

Synopsis

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

Le film

Du propre aveu du réalisateur Sean Durkin , dont c'est le premier film, il voulait traiter le thème de l'emprise sectaire en évitant de tomber dans les clichés ressassés, selon ses dires , dans divers longs métrages. Oui mais à force de vouloir s'éloigner de ces supposés clichés, Sean Durkin ne nous montre que très peu de choses de la vie d'une secte, de ses dérives, de l'emprise infernale qu'un gourou peut avoir sur ses victimes. Ici, le gourou incarné par John Hawkes , est l'antithèse de ce que l'on peut imaginer d'un gourou. Anti charismatique à la limite de l'insignifiance, le maître de la secte ne pèse qu'à de trop rares moments sur ses ouailles et surtout, à part abuser sexuellement des filles, il ne paraît avoir aucun objectif ou ambition. Ainsi, entre montrer et évoquer, le réalisateur n'a pas su réellement trancher en montrant ce qu'il aurait peut être du évoquer et inversement.

La victime Martha, mais aussi Marcy, May et Marlene, interprétée par Elizabeth Olsen (oui la petite sœur des insupportables jumelles Olsen , en espérant par ailleurs que ce film sera pour elle la première et dernière fois que cette filiation soit mentionnée et qu'elle ne reste pas indéfiniment la sœur de.. ) Elisabeth Olsen ( et ses faux airs d' Emmanuelle Béart avant le massacre de la chirurgie) sort son épingle du jeu dans ce long-métrage de facture très moyenne. En effet, elle est sans doute le seul des personnages à avoir du relief, à avoir une personnalité, enfin plusieurs car elle semble par sa paranoïa ou/et sa schizophrénie, incarner plusieurs personnages.

Malheureusement, on ne peut qu'à de trop rares moments ressentir ce qu'elle a vécu, ce dont elle a peur. Martha s'il est vrai nous entraîne parfois dans ses délires paranoïaques où l'on se demande où est la réalité, Martha n'est malgré tout que peu en danger et paraît être elle même plus un danger pour sa sœur et son beau-frère. Le film manque singulièrement de tension et la caméra se contente trop souvent de suivre avec langueur les déambulations de l'héroïne qui au bout du compte ne semble pas aller si mal.

Film fiction à la limite du faux documentaire, Martha Marcy May Marlene est un premier film plein de bonnes intentions, un film d'auteur dont on conseillera à ce dernier d'approfondir son propos qu'ici, il ne fait que survoler.

Il n'en pas moins vrai que Martha Marcy May Marlene se laisse voir ne serait-ce que pour la lumière et Elizabeth Olsen pour laquelle Sean Durkin semble avoir plus qu'une forte empathie.

  • Film «Martha Marcy May Marlene.»
  • Réalisé par Sean Durkin
  • Acteurs :Elizabeth Olsen, John Hawkes, Sarah Paulson
  • Durée :(1H41)
  • Genre : Drame paranoïde
  • Date de sortie:29 février 2012
  • Nationalité :Américaine
  • Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

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