Martine Aubry et la Libye: « J'ai honte pour l'Europe »

La première secrétaire du PS n'a pas caché sa colère envers les instances internationales et leur immobilisme face à la crise libyenne.
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En visite à Sannois (département du Val d’Oise) dans le cadre de la campagne pour les élections cantonales, Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, s’est montré furieuse contre les dirigeants de ce monde.

« J’ai honte pour l’Europe, j’ai honte pour les instances internationales »

C'est une Martine Aubry très remontée qui s'est exprimée devant les micros de la presse aujourd'hui pour parler de la situation du peuple libyen. «Je pense à la Libye. On n'en parle pas. On a laissé faire. Aujourd'hui, la communauté internationale est dans l'incapacité, le manque de courage. J'ai honte pour l'Europe, j'ai honte pour les organisations internationales. On a été infoutus d'être au rendez-vous d'un peuple qui est martyrisé et qui le sera encore plus par l'incapacité des puissants de ce monde à se mettre d'accord », a-t-elle déclaré avant de s’excuser de s'être emportée : "Je suis désolée de ce coup de gueule mais j'y pense jour et nuit. Personne n'en n'a parlé au-delà de quelques coups de menton, je suis choquée, j'ai beaucoup d'émotion. Aujourd'hui, la communauté internationale est dans l'incapacité, le manque de courage".

Libye, Espagne: même immobilisme, mêmes conséquences

Martine Aubry continue à s’exprimer avec la même révolte, comparant l’attitude des dirigeants et décisionnaires d’aujourd’hui à celle qui valut alors à l’Espagne de connaître 40 ans de franquisme après la non intervention des pays démocratiques de l’époque (1936) pour aider les résistants du Front républicain lors de la guerre civile: « Le monde entier avait dit que ce qui s'était passé avec Franco était inacceptable, on a laissé faire, on fait la même chose aujourd'hui ».

Si cette analyse semble juste, il convient de préciser qu’il s’agissait en 1936 de sauver la République espagnole et la liberté en empêchant Franco alias « El Caudillo » de prendre le pouvoir contrairement à la Libye où l’enjeu est de chasser un dictateur en place depuis 42 ans. Mais dans les deux cas, il s’agit bien d’apporter assistance à un peuple en danger et Martine Aubry ne manque de le souligner non sans une certaine ironie désabusée: "On se met d'accord pour aider les banquiers, pas pour aider un peuple". La première secrétaire du PS a tenu à souligner que son parti avait demandé dès le 27 février une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Lybie pour empêcher l'aviation de Kadhafi de bombarder les positions rebelles.

Aujourd’hui, 17 mars 2011, soit 20 jours après cette demande, rien n'a été décidé, ni mis en place par la communauté internationale. Le « guide de la révolution » peut continuer en toute impunité à réprimer et écraser la rébellion qui se bat pour sa liberté et pour sa survie.

Source: AFP, Le Monde.fr, Lesinrocks.fr

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