Piss Christ : la photographie qui fait scandale

La photographie réalisée par Andres Serrano en 1987, continue aujourd'hui à susciter la polémique

Actuellement exposée à Avignon, la composition photographique Piss Christ de l’artiste américain Serrano ne passe décidément pas auprès des chrétiens et notamment sur le site « France jeunesse civitas » qui en appellent au « retrait pur et simple de l’œuvre blasphématoire »

25 ans d’interprétation et de polémique :

Représentant un petit crucifix en plastique plongé dans un verre rempli de l’urine de l’artiste, cette photographie Piss Christ est donc une œuvre réalisée en 1987 par l'américain . Elle fut récompensée en 1989 par le Southeastern Center for Contemporary Art (SECCA)

Alors que des sénateurs américains avaient publiquement montré leur indignation face à cette œuvre soutenue par des fonds publics, de son côté, la soeur Wendy Beckett, religieuse et critique d'art, défend elle cette photographie qu'elle ne voit pas comme un blasphème, mais plutôt comme une indication de « ce que nous avons fait du Christ » autrement dit, telle est l’image que nous pourrions avoir du Christ aujourd’hui et par extension et à travers lui, de la religion chrétienne.

Cependant, même si cette œuvre trouva des défenseurs chez certains chrétiens, elle est vue comme blasphématoire auprès d’une très grande majorité au point que lors d’une exposition au Victoria Museum de Melbourne, en Australie en 1998, la photographie fut une première fois arrachée du mur avant d’être détruite à coups de marteau par deux adolescents.

L’artiste lui se défend d’être anti chrétien et défend son œuvre en ces termes : "L'idée était plus d'humaniser la figure du Christ. Mon but en fin de compte est de faire de beaux objets à partir de matériaux non orthodoxes. Mais j'étais un peu naïf. Je ne m'attendais pas à de telles réactions. J'ai été surpris par la haine que ça a suscité. A l'époque, je ne pensais pas que quelqu'un verrait ces images, encore moins qu'elles seraient vendues."

Offuscation et pétition :

France jeunesse civitas (mouvement de jeunesse catholique et politique) est donc l’institut chrétien à l’origine de la pétition contre l’œuvre qu’il juge blasphématoire en énumérant certaines revendications :

  • · Faire retirer la photo blasphématoire de cette exposition et interdire toute présentation publique en France, en raison de son caractère provoquant et discriminatoire envers les chrétiens.
  • · Faire enlever et détruire tous les supports de communication utilisant cette photo (affiches, panneaux municipaux, brochures etc.)
  • · Faire stopper tout financement public et privé de cette exposition (près d'un million d’euros par an prévus pour une nouvelle période de 10 ans !!! dont une grande partie par le contribuable).

Et ces chrétiens ne sont pas prêts a une quelconque négociation voire discussion car ils déclarent« Nous attendons avant la fête de Pâques la prise en compte de ces trois mesures sans aucune négociation possible. » Au passage, le site égratigne voire dénonce les mécènes ou sponsors de l’exposition : LVMH ou encore la SNCF et la Fondation Cartier. France jeunesse civitas en fait aussi une affaire politique dénonçant ce qu’elle considère une collaboration politique d’une part de l’UMP via la mairie d’Avignon et du P.S par le soutien financier du Conseil régional. A cette protestation et cette indignation se sont joints depuis d’autres sites comme L’union royaliste Bretagne Vendée militaire qui s’était déjà manifesté pour l’exposition nantaise de Soazig Chamaillard et sa Vierge Marie déguisée : La Vierge déguisée en Superman choque les intégristes

Quoi qu’il en soit, l’exposition intitulée « Je crois aux miracles » organisée par la Fondation Lambert doit se tenir jusqu’au 08 mai dans l’ancienne cité des papes et risque sans doute de continuer à faire scandale auprès de certains chrétiens que certains pourraient juger d’intégristes...

A lire : Piss Christ : du scandale à la destruction!

Source : Les Inrocks.com Article « Une pétition pour l’honneur du crucifix plongé dans la pisse » du 04/04/2011 par Camille Polloni

Site: Civitas France Jeunesse

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