Serial killer : les Russes n'ont rien à envier aux Américains

Les Etats-Unis ont le nombre le plus élevé de tueurs en série. Mais la Russie possède les plus impitoyables à travers le monstre de Rostov et Pichushkin.
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L’ex- URSS a longtemps nié avoir des serial killers sur son territoire, ce phénomène ne pouvant être lié qu’à la décadence du système capitaliste. Cependant, après la chute du pouvoir soviétique, force a été de constater que si, de ce côté du monde, il existait aussi des tueurs en série et bien plus cruels et prolifiques que les tueurs américains.

Définition et popularisation des serial killer

Dans l’article Que désigne exactement le terme Serial Killer?| , le serial killer est défini ainsi « individu qui a tué au moins trois personnes, en alternance avec des périodes d'inactivité criminelle. Cette période de "stand by" doit être supérieure à trente jours entre le premier et le dernier meurtre. » Ce n’est donc pas le nombre de victimes qui définit si oui ou non un individu est un tueur en série mais la fréquence à laquelle il agit. Cependant, et sans doute par voyeurisme et mauvais goût, un tueur en série qui « n’aura fait que quatre ou cinq victimes » aura aujourd’hui bien du mal à captiver media et foule, voire le droit de se voir attribuer le titre de serial killer comparé aux 50 et 60 homicides des deux tueurs en série russes.

Aussi glauque soit-il, l’univers des serial killers attire beaucoup de gens. Ces tueurs ont notamment été popularisés par le cinéma et des films américains comme Le Silence des agneaux ou encore Seven pour ne citer que deux des plus célèbres permettant au spectateur de fantasmer sur le machiavélisme et la folie de ces tueurs. Cependant, les images de la réalité sont bien plus cruelles et sordides qu’une fantasmagorie fictionnelle. Pour preuve, les incroyables bilans du monstre de Rostov et du tueur à l’échiquier.

Andreï Tchikatilo : le monstre de Rostov

Né en 1936, Andreï Tchikatilo est instituteur en Ukraine. Alors que marié et père de deux enfants, Tchikatilo avait probablement des problèmes d’impuissance. Dès lors, il n’éprouvait sans doute de la jouissance qu’à travers des actes de torture et de cannibalisme.

Ses victimes furent principalement des enfants mais aussi quelques femmes. Sa folie macabre commence en 1978 avec le viol et le meurtre d’une écolière de neuf ans, Elena Zakotnova, dont il laissa le corps au bord d’une rivière. Ce fut la première victime du monstre de Rostov et loin d’être la dernière.

En effet, la folie et la perversion de Tchikatilo vont le pousser à tuer encore et encore. Et le décomptage est sordide : arrêté en 1990, à l'âge de 54 ans, il se vante de 55 assassinats. La justice, faute de preuves, n'en retient que 52 : 21 garçons de 8 à 16 ans, 14 fillettes appartenant à la même classe d'âge et 17 femmes adultes. Cet homme fera donc officiellement 52 victimes en 12 ans, de 1978 à 1990. Outre ce nombre impressionnant, c’est ce qu’il a fait subir à ces proies qui dépasse l’imagination : viol, torture, énucléation et cannibalisme notamment des parties génitales.

Le 20 novembre 1992, Tchikatilo est arrêté devant chez lui. Alors que les enquêteurs trouvent un couteau dans sa mallette. Il avoue rapidement ses meurtres et se justifie par cette phrase : « Je suis persuadé que je souffre d'une espèce de maladie ». Son procès s'ouvre en avril 1993. Dans le box des accusés séparé par des barreaux du reste de la salle, il coupe les plaidoiries par des soufflements d'impatience ou des bribes de phrases incohérentes. Les témoins du procès peuvent alors assister à la dégénérescence d’un homme glissant peu à peu de l’état d’humain à celui de bête. Celui qui fut appelé le monstre de Rostov est condamné à mort et exécuté d’une balle dans la nuque le 14 février 1994.

Alexander Pichushkin : « le tueur à l’échiquier »

Pris au piège dans une compétition macabre pour devenir le meurtrier en série le plus célèbre de la Russie, Alexander Pichushkin, né en 1974, avait pour objectif de dépasser les 52 victimes d'Andrei Chikatilo. Peu à peu, Il a entretenu le désir macabre de tuer une personne pour chacune des 64 cases d'un échiquier. Pour lui, ses victimes, qui étaient des hommes âgés alcooliques, des SDF, des femmes, adolescents mais aussi certaines de ses connaissances, étaient des pions et chaque meurtre équivalait à un " échec et mat ». Son premier meurtre, date de 1992 et est celui d’un ami Mikhaïl Odiytchouk. Le maniaque de Bitsevky, comme l’avait alors surnommé la presse, attirait ses victimes dans le parc du même nom dans la banlieue de Moscou, les saoulait et les tuait avec un marteau leur fracassant le crâne avant de parfois les mutiler avec des tessons et de les jeter dans des puits, pour certaines encore vivantes. Et dans une de ses déclarations, il ferait presque croire qu’il faisait cela par charité « Je me suis senti le père de ces gens, il est évident que je leur ai ouvert la porte vers un autre monde. Je leur ai permis d'accéder à une nouvelle vie. »

Arrêté en juin 2006, ce commis d'épicerie a été reconnu coupable de 48 assassinats et de trois tentatives de meurtre perpétrés entre 2001 et 2006 alors que lui-même revendique 63 meurtres, soit un de moins que les cases d’un échiquier. Enfermé dans une cage de verre pare-balles au cours du procès, Alexander Pichushkin, condamné à la prison à perpétuité, déclarera: "Pour moi, la vie sans assassiner, c'est comme la vie sans nourriture pour vous."

Ainsi, la Russie, après avoir longtemps nié la possibilité d’avoir à faire à des serial killers sur son territoire, a du faire face aux plus monstrueux du genre.



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