Séries TV historiques : Reflet des moeurs du pouvoir?

Le nombre de séries historiques ne cesse de s'accroître et avec lui, les séries où les incarnes du pouvoir sont mises à mal.

Trahison, complot, fourberie mensonge, tels sont les maîtres mots qui jalonnent les scenarii des séries notamment à caractère historique, séries qui sont sans concession pour les gens de pouvoir ou qui aspirent à l’avoir.

La soif du pouvoir

Que ce soit dans la série Rome , Les Tudors , Les Piliers de la Terre ou dans une moindre mesure (et avec beaucoup moins de finesse) dans Spartacus le pouvoir et la soif de pouvoir n’entraînent que compromission, alliance de circonstance, mensonge pour pouvoir mieux trahir demain celui qui était un "ami "et allié le jour même.

Tout en haut de la pyramide, le plus souvent un homme, qui tente de régner en maître absolu, révélant aussi que les femmes hier comme aujourd’hui ont bien du mal à se faire une place au sommet de l’Etat. A la cour et à la botte de cet homme, une multitude de courtisans, de familles qui se battent pour gagner les faveurs du maître régnant dans l’espoir d’obtenir titres, terres et richesses, synonymes de puissance et privilèges. Chacun y défend ses intérêts, chacun est prêt à trahir son prochain pour obtenir ce qu’il désire et chacun peut s’avilir toujours plus bas pour plaire au maître et ainsi espérer rentrer ou rester dans les bonnes grâces du seigneur ou roi.

Ce dernier arrivé au pouvoir, ne pense bien plus souvent qu’à sa propre gloire, à son prestige, à laisser son nom dans l’histoire. Ainsi Henri VIII Tudor roi d’Angleterre ne vit-il que pour assouvir ses envies oubliant la plupart du temps qu’il règne aussi pour ses sujets… Et autour du roi, on complote, on tente de trahir à l’image du duc de Norfolk et Thomas Boleyn qui essayent de mettre à mal l’influence du cardinal Wosley, sorte d’éminence grise auprès d’Henry VIII, cardinal qui n’a de cesse lui-même d’intriguer pour assouvir ses propres ambitions.

Dans la série Rome, série qui décrit une période charnière de l’Histoire, période de bascule entre la République et la mise en place de l’Empire, les familles s’entredéchirent pour protéger leur privilège ou au contraire déboulonner les possédants et prendre leur place. Au sommet se battent Jules César et Pompée , jusque là associés, pour la conquête du pouvoir, César qui sera assassiné par Brutus celui la même à qui il avait pardonné sa trahison pour avoir choisi le camp de Pompée. Dans le même registre du péplum, la série Spartacus bien que beaucoup moins subtile, montre la tentative d’avènement de Quintus Barbatius, qui par la gloire acquise dans l’arène par ses gladiateurs, tentera d’accéder au pouvoir politique. Et là aussi, tous les moyens sont bons pour atteindre son but, trahison, mensonge, manipulation, meurtres…

L 'Angleterre au XIIee siècle. Maud, la fille du monarque Henri 1er, se dispute la succession au trône avec son cousin, Stephen. Une lutte de pouvoir qui cause des tensions et déchire le royaume. Entre les deux, la famille Hamleigh change de camp à l’envi selon où le vent tourne pour pouvoir acquérir et conserver le titre de duc de Shiring avec le monopole des foires dans le comté pour faire fortune. La famille Hamleigh reçoit l’aide de l’évêque Waleran Bigod dont rien n’arrête l’ambition et la soif de pouvoir.

Les femmes absentes des sommets mais…

A l’exception de Maud dans les piliers, les femmes ne sont jamais au sommet de l’Etat. Cependant, elles ne sont pas absentes, loin s’en faut, des intrigues de cour. Elles oeuvrent pour les hommes de leur famille. Ainsi, Atia dans Rome, mère d’ Octave le futur Auguste et futur empereur de Rome, femme et mère prête à tout pour garder son rang et protéger les siens, emploie tous les moyens à sa disposition quitte à faire don de son corps. Regan Hamleigh, véritable tête pensante de la famille, entre un mari intellectuellement limité et un fils sociopathe, intrigue à tout va pour que son mari acquiert le titre de duc de Shiring. Elle va jusqu’à tuer un archevêque pour que son allié Waleran puisse obtenir la place et obtenir son aide. Elle tuera aussi son mari pour que son fils hérite du titre de duc, fils avec lequel elle a, semble t-il, une relation incestueuse. Lucretia Barbatius accompagne et aide son mari dans sa tentative d’ascension et pour cela, elle intrigue, fait tuer, empoisonne…Les amitiés n'existent pas lorsqu'il s'agit de grimper les échelons.

Ainsi, ces séries historiques emploient toutes les même ingrédients : trahison, complot, manipulation et montrent que le pouvoir et ses coulisses, la soif de pouvoir peuvent entraîner les êtres humains dans leurs plus bas instincts. Chacun pense avant tout à ses propres intérêts, à son ambition à sa gloire présente ou future et pour cela, tous les coups sont permis. Jamais il n’est montré dans ces séries qu’un régnant ou un aspirant au pouvoir, agit non pas dans son intérêt mais pour l’intérêt de ses sujets. Cependant, le constat est souvent le même, le régnant se retrouve dans une profonde solitude, seul en son palais, n'ayant plus personne en qui il peut faire confiance, ne trouvant que courtisans et courtisanes autour de lui.

Ces séries qui, certes grossissent le trait, arriveraient presque à faire perdre au téléspectateur toute foi dans l’être humain. Gageons qu’aujourd’hui, les mœurs ont évolué et que certains dirigeants de ce monde pensent aux besoins de leurs peuples respectifs avant leur propre gloire et fortune...

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