Stade Brestois 29: histoire du club de la pointe armoricaine

Par sa géographie et son histoire, le Stade Brestois 29 reste un club particulier dans le paysage footballistique de l'Hexagone.
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Brest et sa Mer d’Iroise, Brest et sa rade, Brest et son arsenal, Brest et Océanopolis... Brest et son ciel gris si bas qu’il faut parfois se courber pour ne pas s'y cogner, Brest ses pluies et ses vents à décorner les mouettes. Mais Brest, c’est aussi une ville qui se mérite, Brest c'est le Stade Brestois 29 et la chaleur d’un peuple derrière son club.

Petit historique d’un club pas tout à fait comme les autres

Pratiquer un sport de plein air à Brest n’est pas forcément une sinécure, mais le pratiquer dans l’élite hexagonale, tenir le haut de l’affiche, tel est le challenge que tente de relever l’irréductible et indestructible Stade Brestois 29. Au mois d’octobre 2010, le club a même dépassé toutes les espérances de ses supporters en chipant la première place du championnat aux grosses écuries et en provoquant le «buzz» dans la presse européenne! Cependant, la route pour atteindre la lumière des projecteurs fut loin d’être rectiligne.

Né de la fusion de cinq patronages catholiques, le Stade Brestois voit le jour en 1950. Telle est en tous cas la date officielle, avec laquelle tout le monde ne semble pas d’accord. Quoiqu’il en soit, le Stade Brestois est né et commence alors sa chaotique histoire. Ce club dit des «cathos», en opposition à son illustre adversaire de l’époque, l’AS brestoise connotée à gauche, franchit un à un et rapidement les échelons des championnats amateurs avant de rentrer dans le cercle des clubs professionnels en 1970 en accédant à feu la deuxième division.

Le stade fait son apprentissage à ce niveau durant neuf années avant d’atteindre le haut du pavé, la première division. Hélas, la saison est difficile. À l’issue de la campagne 1979-80, le Stade Brestois finit bon dernier avec un bilan calamiteux de 4 victoires pour 27 défaites, ce qui reste jusqu’à aujourd’hui le bilan le plus mauvais en Ligue 1, et ce malgré Yvon le Roux, Loulou Floch ou Drago Vabec.

L'âge d'or des années 1980

Cependant, à l’image du Breton, fier, têtu, acharné, le club relève la tête et remonte en première division dès la fin de la saison 1980-81. Commencent alors les années folles du club avec à sa tête un président, François Yvinec, quelque peu mégalomane. Mais c‘est aussi les années Tapie et Bez et au niveau mégalomanie, il semble que l’ancien président brestois n’ait rien à leur envier. Le club change de nom pour devenir le FC Brest Armorique, situant encore mieux Brest, si besoin en était. C’est l’époque du foot business et de la surenchère. Yvinec engage le club dans cette voie au plus grand bonheur des supporters, qui ignoraient certaines dérives financières. Durant la décennie, la pelouse du stade Francis-le-Blé sera foulée par quelques joueurs prestigieux: Julio César, Buscher (meilleur buteur du club en L1), Joël Henry… ou encore l'Argentin Jose Luis Brown, qui signe en 1986 après avoir remporté la Coupe du monde cette même année et marqué le premier but de la finale. C’est le début d’une période où tout est permis, même de recevoir l’aide de la main de Dieu, et la saison 1986-87 reste la plus accomplie de Brest qui finit au 8e rang de l’élite, après avoir été leader durant une journée (la 3e).

Après un nouvel ascenseur entre la deuxième et la 1e division entre 1988 et 1989, le club remonte de nouveau grâce à sa jeunesse dorée composée des Le Guen, Guérin, Martins, Pabois ou Makélélé. Dès lors, le club retrouve une nouvelle dynamique et recrute quelques noms devenus célèbres depuis: Lama, Ginola, Colleter, Guivarc'h, Goycochéa, finaliste de la coupe de Monde 1990 avec l'Argentine, sans oublier Roberto Cabanas, dont le recrutement et l’épopée du Président Yvinec en Colombie restent gravés dans les annales du club. L'année 1990 voit aussi le centre de formation élu meilleur centre de l'hexagone.

La descente aux enfers et la pénible reconquête

A l’issue de la saison 1990-91, le club connaît un déficit abyssal et doit déposer le bilan. Après une première relégation administrative en 2e division, il est de nouveau rétrogradé et sa chute ne semble pas devoir prendre fin. En 1993, le club remonte en National mais redescend en CFA en 1997 après la contraction des deux poules de National en une seule.

L’ascension vers les sommets sera longue et laborieuse, une période que conte Miossec dans sa chanson « Jouer en 3e division ». En 2000, le club retrouve le National et son nom d’origine, Stade Brestois. Cette étape franchie, le SB29 attend 2004 pour gravir un nouveau palier et goûter de nouveau à la Ligue 2. Les saisons sont dures, le club se retrouve souvent à la limite de la descente jusqu’à ce que le staff trouve son messie en la personne d’Alex Dupont, surnommé depuis «Sir Alex». Non seulement sauve-t-il le club de la relégation en 2008-09, mais il le fait aussi remonter dans l’élite l’année suivante. Tout un peuple exulte car Brest fait partie de ces villes qui vivent, respirent football. Une ville où le terme «populaire», pour parler de football, garde encore tout son sens. En octobre, le journal italien Il Manifesto allait même jusqu'à décrire le Stade Brestois avec ces mots : «Bière, sexe et esprit révolutionnaire.» Il aurait pu rajouter rock, tant la vie du club paraît rock'n'roll et la cité brestoise respirer le rock.

Ainsi, après avoir trimé vingt ans pour retrouver les sommets, le Stade Brestois 29 y est de nouveau, a connu la première place du classement mais sait que pour se maintenir en Ligue 1 avec un des plus petits budgets du championnat, il ne peut compter que sur le courage, le cœur, les qualités techniques de ses joueurs, Roux, Grougi, Elana et les autres, mais aussi sur le cri de ses supporters: le fameux ici c'est brest !! , gravé sur le maillot des joueurs.

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