Strass : c'est dogme, c'est bon, c'est belge !

Voici dix ans était produit Strass, un film à l'humour grinçant comme les belges savent si bien en réaliser
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Directement inspiré de l’émission culte Strip Tease, ce long-métrage mélange ironie, cynisme, voyeurisme et critique acerbe envers le milieu des cours pour apprentis comédiens.

Synopsis :

Une équipe de télévision débarque dans l’intimité d une école de théâtre pour y tourner un documentaire sur les méthodes de travail. Mais quand celles-ci se veulent expérimentales et quand elles sont menées par un professeur tyrannique qui a les yeux plus rivés sur l’arrière train de ses comédiennes que sur leur talent, le spectateur peut penser rentrer dans un univers complètement irréel et pourtant…

Le film :

Pour son premier long métrage, le réalisateur Vincent Lanoo s’est inspiré d’une part des principes de la célèbre émission Strip - Tease , d’autre part des règles de réalisation mises en place notamment par Lars Von Trier à savoir Le dogme . Et le résultat est plutôt réussi.

Vincent Lanoo s’est-il par ailleurs inspiré d’une expérience personnelle ? La question mériterait de lui être posée. Il n’est pas impossible qu’il ait rencontré lors de son cursus des professeurs de théâtre aussi tyranniques et aux méthodes d’enseignement si peu orthodoxes. Ici, la méthode se veut révolutionnaire et s’appelle « pédagogie ouverte », cette même méthode qui aurait permis à un célèbre comédien, l’omnipotent mais néanmoins invisible Léopold Gaétan d’atteindre les sommets.

Cependant, lorsque cet enseignement est distillé par un professeur qui pense plus à sa pomme qu’à la réussite de ses élèves, quand ce professeur Radoswky, brillamment interprété par Pierre Lekeux (étonnant comme il peut se confondre avec un autre comédien belge à savoir Olivier Gourmet ), quand ce professeur est mégalomane, tyrannique, obsédé sexuel et pervers, ce sont les pauvres élèves qui en payent les conséquences jusqu’au point de rupture.

Comme l’aimait à le rappeler son réalisateur, pour un film qui n’a coûté que trois secondes de Star Wars : Episode II , ce film est une vraie réussite d’humour décalé, de cynisme et de voyeurisme qui peut mettre parfois mal à l’aise le spectateur devant la folie de Radoswky. Et même si ce film peut souffrir parfois d’un manque de scénario construit car pour beaucoup mené en improvisation (d’où peut être ces longs moments de silence pesant durant lesquels le spectateur là aussi ressent un profond malaise), il n’en reste pas moins la puissance d’un vrai-faux documentaire qui montre l’envers d’un décor fort peu réjouissant. Le seul bémol peut être une fin convenue et quelque peu décevante mais on y passe outre car les 1H28 précédentes sont jubilatoires…

Aussi, et comme il est écrit sur la jaquette du DVD (distribué par WILDSIDE d’où là aussi un certain gage de qualité) « Vous rêviez d’être acteur ? Ne rêvez plus, regardez… »

Réalisé par Vincent Lannoo

Avec Pierre Lekeux, Carlo Ferrante, Jérôme Lemaire…

Long-métrage belge. Genre : Comédie acerbe

Durée : 01h30min, production Radowsky films, 2001

Distributeur : Mondo Films

Grand Prix du Festival de Cinéma Nouvelle Génération de Lyon en 2002

Grand Prix du Jury au Festival Premiers Plans 2002 d'Angers

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