Un heureux évènement : ou les joies contestées de la maternité !

Les français savent aussi faire du feel good movie et Rémi Bezançon nous le prouve une nouvelle fois avec « un heureux évènement ».
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Le cinéma dit populaire n’est pas forcément synonyme de comédie potache et peut même faire preuve de finesse et subtilité. Ou quand Rémi Bezançon nous parle avec justesse des états d’âmes des futurs parents et parents notamment de la mère incarnée avec un certain brio par Louise Bourgoin.

Synopsis :

"Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ?" Un heureux événement ou la vision d’une maternité pas aussi idylique que cela.

Le film :

Adapté du roman éponyme d’ Eliette Abécassis , « Un heureux évènement » est un film jouant sur la corde sensible de sentiment à double tranchant, entre bonheur et anxiété d’être parent jusqu’ à une certaine déprime car oui, l’arrivée d’un bébé dans une vie n’est forcément pas une mince affaire. Après son très beau Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie , Rémi Bezançon rend de nouveau une copie intelligente, fine, émouvante montrant une nouvelle fois qu’il en connaît un bout sur l’âme et les états d’âme des humains.

Traiter de ce sujet pouvait être un piège car éculé et déjà filmé sur divers angles mais Rémi Bezançon ne se prend pas les pieds dans le tapis et évite le plus souvent les clichés en refusant de magnifier la maternité. Il offre par moments des scènes cocasses et par d’autres, des scènes émouvantes. Le film parle donc de la maternité mais pas comme étant le moment le plus magnifique d’une vie mais d’une maternité avec tous ses inconvénients, toutes ses remises en question, la fin de l’amour exclusif, les sentiments de culpabilité, le fameux baby blues, etc… entraînant le couple dans des instants très compliqués mais pas de non retour.

Le réalisateur aurait certes pu éviter certaines scènes qui semblent plus convenues (voir la scène d’évanouissement du père lors de l’accouchement) mais ces scènes n’enlèvent rien au charme et à la qualité générale du film. Quant à Louise Bourgoin , après avoir connu un échec retentissant avec le film Adele Blanc - Sec , elle prouve dans ce film qu’elle n’est pas seulement une ex miss météo mais qu’elle a les épaules pour supporter un rôle pourtant pas simple en balayant tout un panel d’émotions le plus souvent avec justesse. Son compagnon Pio Marmaï (déjà vu dans le premier jour…) est lui aussi à la hauteur de cet heureux évènement.

Un heureux évènement est donc sans doute une comédie à ranger dans les feel good movies, une marque de fabrique normalement anglo-saxonne mais que Rémi Bezançon exploite de façon remarquable. Et dès lors pourquoi bouder son plaisir à aller voir du cinéma populaire, terme en l’occurrence ni péjoratif ni galvaudé pour ce bon long métrage. A noter que le film faisait partie des 10 films de la prestigieuse section Galas au festival international de Toronto en compagnie notamment de David Cronenberg ou George Clooney

Date de sortie cinéma : 28 septembre 2011

Réalisé par Rémi Bezançon

Coproduction Mandarin Cinema - Gaumont

Avec Louise Bourgoin, Josiane Balasko, Pio Marmai

Long-métrage français . Genre : Comédie

Durée : 01h50min Année de production : 2010

Distributeur : Gaumont Distribution

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