Un look virginal pour cet été ?

La tendance du blanc associée à de longues robes, blouses ou jupes fait une entrée remarquée cette saison printemps-été 2011. Alors, à adopter ou pas?

Imaginez une silhouette face à la mer, nimbée d’une longue robe blanche dont les bords sont comme morcelés, évidés. Des petits trous percent le jour, s’organisent à la lisière, à l’endroit où le tissu se finit. Impassibles, ces petits trous ne changeront pas de taille, car ils sont solidement bordés de fil blanc: on appelle ça de la broderie anglaise. La robe est ample. Le vent s’y engouffre aisément. Heureusement la taille est maintenue par un élastique qui structure l’ensemble de la silhouette. En haut, les volants qui bordent le décolleté battent des ailes, le vent les balade avec une facilité déconcertante. Ils n’appartiennent déjà plus à la robe. L’ensemble est d’un romantisme austère qui tantôt vous glace les sangs, tantôt vous emporte le cœur.

Aperçu d'une silhouette dans l'air du temps

Si cette vision a quelque chose d’une héroïne d’un roman de Jane Austen ou d'une jeune fille en fleurs digne de Marcel Proust, elle pourrait tout aussi bien vivre en 2011. Et dans ce cas, elle n’aurait qu’à faire un tour au Comptoir des cotonniers ou chez H&M pour trouver de quoi s’habiller. En effet, depuis quelques mois, on découvre une collection printemps-été qui inaugure le blanc associé à de longs jupons et robes évanescents. L’unique touche de fantaisie étant cette broderie à l’anglaise qui parsème bordures et décolletés.

Cette tendance avait déjà pris l'habitude de fleurir presque un an sur deux se faisant l’incarnation des beaux jours et de l’optimisme forcené qui nous gagne à l’arrivée du printemps. Un blanc immaculé qui rime avec bronzage, légèreté des cotonnades qui permettent d’envisager l’été et la chaleur avec « zénitude ».

La tendance au blanc monacal décryptée

Cette année, en ligne de mire, un tout autre public. Confort ou romantisme ne sont pas les sources d’inspiration. Un look virginal, presque monacal nous invite à plus d’épure, d’éthique, à être responsable dans ses achats, pour preuve, la ligne « conscious collection » chez H&M qui utilise du coton biologique et des matières recyclables.

L’argument commercial tient la route et on en vient à se dire que porter du blanc c’est aussi adopter la vie saine qui va avec. Seul bémol, on oublie que le blanc c’est aussi la non couleur réservée aux élites, ceux qui ont les moyens d’entretenir des vêtements qui ne s’accommodent pas bien avec les aléas de la vie quotidienne.

Alors, du blanc oui, du coton biologique oui, mais avoir à l’esprit que ces types de vêtements ont une pérennité modérée et qu’y consacrer des sommes exorbitantes serait inconsidéré.

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