Black Stone Cherry - Between The Devil & The Deep Blue Sea

Troisième album pour Black Stone Cherry qui continue son exploration du rock stoner mélodique. Un album moins immédiat qui se digère lentement.

Toujours très peu connu dans l'hexagone, le groupe cartonne aux Etats-Unis. Le second album s'est bien vendu et l'Europe commence à mordre à l'hameçon avec des pays comme l'Angleterre et l'Allemagne qui commencent à voir le groupe envahir les étalages des musicstores. Il faut dire que Roadrunner s'y connait pour imposer un groupe en Europe, le label sait qu'il faut tourner un maximum pour se faire connaître chez nous et qu'il ne faut pas forcément attendre d'être programmé en radio tant le rock est inexistant sur nos ondes. C'est ainsi que Black Stone Cherry se retrouve à suivre en tournée Alter Bridge tout récemment signé chez le même label. Ils seront de passage à Paris le 4 novembre 2011 au Zénith.

Peu de changements

Pas de renouveau spectaculaire avec ce troisième album. Black Stone Cherry reste fidèle à sa ligne de conduite de départ en conservant les ingrédients qui ont fait leur renommée outre atlantique. Des grosses guitares saturées, une basse bien assise et une batterie très aérée qui accompagnent une voix chaude et un peu éraillée à la Chris Cornell. Le groupe propose toujours un genre de Stoner Rock très mélodique qui alterne entre titres coup de point et ballades dispensables.

Les ballades

La ballade, pour qui écoute régulièrement du hard rock, c'est un peu le mouton noir, le parent pauvre nécessaire mais que tout le monde semble renier. En effet, la plupart du temps elles sont composées selon un certain nombre de clichés commerciaux pour assurer les ventes et on se retrouve avec des titres qui se ressemblent tous tant ils sont claqués les uns sur les autres. La cible de cette démarche sont plutôt les jeunes filles qui découvrent ce style musicale et qui n'en ont pas encore bouffé pendant des années. Cependant, tout n'est pas négatif. Car si la ballade fait suer le hardos de base, elle permet tout de même de proposer du relief lorsqu'il s'agit d'écouter un album de A à Z. Combien de groupe ont choisi de zapper le slow et ont fini par proposer un album lassant à cause du manque de nuance d'un titre à l'autre ?

Digestion lente

Contrairement aux deux autres, cet album demandera plusieurs écoutes avant de vous accrocher. Non pas que les titres qui le composent soient forcément moins bons, mais il s'agit d'une même recette appliquée trois fois de suite. Même si la production sonore évolue un peu, ça reste maigre pour ne pas provoquer de lassitude. Mais ce serait dommage de s'arrêter à une première écoute, car c'est un album qui gagne à être entendu. La première écoute laisse une impression étrange. On a d'un côté passé un très bon moment, mais une fois le disque terminé il est difficile d'en tirer quelque chose, les souvenirs restent flous. Les mélodies ne restent pas aussi bien en tête. Et ce n'est qu'après quelques écoutes attentives qu'on finit par voir quelques titres se détachant, notamment les deux singles " White Thrash Millionnaire " qui ouvre le feu et qui fait mouche immédiatement et " Blame It On The Boom Boom " qui s'installe plus progressivement dans la mémoire.

Between The Devil & The Deep Blue Sea reste un bon troisième album, mais le groupe devra prendre garde à ne pas s'endormir sur une recette qu'ils n'auront que trop exploré afin d'éviter l'écueil d'appauvrir leur propos et de finir par ennuyer.

4/5

Liens Utiles :

Site Officiel

Chronique du premier album

Chronique de Folklore and Superstition

Live Report Zenith 2011

Clip de White Thrash Millionnaire

Clip de Blame It On The Boom Boom

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