Ovide et Les Métamorphoses

Sa famille voulait qu'il soit juriste, mais Ovide préféra le monde des lettres qu'il éblouit de son génie.
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Conjuguant son activité littéraire avec une carrière administrative de haut rang, Ovide a plus que n’importe quel autre auteur antique nourri son œuvre de sa vie faite de voyages, d’errance et de disgrâce. Ce contemporain de Virgile vit sous la période la plus faste et la plus grandiose de la civilisation romaine (Ier siècle av. J.-C. et Ier siècle ap. J.-C.). A cette époque, prospérité et paix règnent. Les arts littéraires et poétiques s’épanouissent le plus souvent en prenant pour modèle la grandeur hellénistique passée. C’est dans ce contexte qu’Ovide rédigea sa grande œuvre, Les Métamorphoses . Œuvre faite de contes poétiques et moraux abordant la mythologie sous le thème de la transformation. Cette œuvre dense et riche enrichit considérablement notre connaissance de la mythologie.

Les premières années et les premières œuvres

Ovide, Publius Ovidius Naso de son vrai nom, naît à Sulmone en 43 avant notre ère. Ses dons littéraires et poétiques semblent avoir été précoces. Néanmoins ses parents, sceptiques quant à sa capacité de pouvoir vivre de sa plume, l’inscrivent à «l’école des déclameurs célèbres» où il reçoit un enseignement en droit. Amoureux des mots, l’adolescent s’attache plus à la rhétorique des lois qu’à leur contenu pratique.

Alors qu’à 18 ans il voit s’ouvrir à lui les promesses d’une carrière dans la magistrature, Ovide entreprend un voyage en Grèce, destination habituelle pour parfaire son éducation. Maitrisant à merveille la langue et la culture grecques, Ovide prend l’habitude de délaisser les écoles, préférant sillonner les îles grecques, la Perse, la Sicile et la Crète. Il a pour compagnon son ami Pompeius Macer, poète latin d’origine grecque qui, plus tard, sert de correspondant à Ovide lors de son exil.

Ovide garde de son périple grec des souvenirs impérissables et intactes: 35 plus tard, il utilise encore ses souvenirs pour rédiger certains épisodes des Métamorphoses , comme pour Philémon et Baucis.

Revenu de Grèce, Ovide attire l’attention par sa maitrise de la poésie amoureuse. Il publie plusieurs recueils remarqués comme Les Amours et les Héroïdes . Mais ce sont L’Art d’aimer et sa suite Les Remèdes de l’amour qui lui apportent le succès.

Mal à l’aise dans le genre épique, il le délaisse cependant pour la tragédie. Il rédige Médée mais peine de nouveau à s’y épanouir.

A 45 ans, renonçant au discours amoureux, il entame son œuvre majeure : Les Métamorphoses .

L’épreuve de l’exil et la rédaction des Métamorphoses

La situation politique évolue vite en cette fin de Ier siècle. En l’an 8, il est brutalement exilé de Rome et envoyé sur les bords de la mer Noire à Tomes. Pendant ses 10 ans de disgrâce, il ne cesse de correspondre avec sa femme et ses proches, sans jamais réellement nous éclairer sur les raisons de son exil forcé. De cette correspondance sortiront Les Tristes et Les Pontiques .

Parallèlement, il poursuit la rédaction des Métamorphoses . L’originalité d’Ovide réside incontestablement dans son souci de traiter du thème mythologique sous l’angle de la transformation. Bien qu’abondament exploité par les Grecs, ce thème offre à Ovide la possibilité de faire acte d’originalité tout en se plaçant dans la tradition.

Par transformation entendons l’intention, chez Ovide, de relater des transformations qu’un personnage peut connaître. Il se transforme en animal, en plante, en minéral ou en constellation. Ce thème abandonné plus tard par la tradition chrétienne est important pour les Anciens, car les métamorphoses, pour être l’incarnation d’un châtiment et d’une promotion sont essentielles à l’action divine sur terre. Ainsi chaque transformation possède sa justification morale, telle est l’objectif d’Ovide tout au long des cent vingt-huit contes poétiques.

Indépendamment des fondements moraux Ovide essaye d’offrir une tentative d’explication poétique de l’univers. Ainsi le récit progresse dans l’ordre des grandes étapes de la formation du monde. A la création de la terre succèdent celles de l’homme, des Géants et des Dieux. Avant que ne survienne l’épisode du déluge, et ce tout en égrainant les mésaventures lyriques expliquant tour à tour l’origine des plantes, des astres, des animaux. Ainsi s’offre le déroulé singulier, entre mythes et réalité historique, de l’histoire tel que les Anciens la percevaient.

On découvre ainsi narrées dans un ordre chronologique, l’histoire des principaux personnages et mythes antiques: Persée (livre IX), la Toison d’Or (VIII), Hercule (IX), Orphée et Eurydice (X), la Guerre de Troie (XII), la fondation de Rome (XIV),…

Cette œuvre d’une richesse linguistique exceptionnelle est incontournable à la connaissance de la mythologie. En effet, elle représente un condensé exhaustif et incontournable de toute la mythologie gréco-latine. A elle seule, elle peut en effet prétendre à pallier la plupart des interrogations posées par n’importe quel texte traitant de la question.

http://remacle.org/bloodwolf/poetes/Ovide/table.htm

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/OVID/Intro.html

http://www.linternaute.com/biographie/ovide/

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tamorphoses_(Ovide )

http://www.ac-creteil.fr/lettres/tice/ovide/

http://users.skynet.be/remacle/auteurs/Ovide.htm

http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/ovide.php

http://expositions.bnf.fr/utopie/cabinets/extra/textes/constit/1/origines/5.htm

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