Languedoc-Roussillon : La viticulture - Dates et Chiffres

Riche d'une histoire millénaire, le vignoble du Languedoc-Roussillon est le plus vaste d'un seul tenant au monde et produit 34% de la production française.
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L’activité viti-vinicole dans le Languedoc-Roussillon débute six siècles avant J.C sous l’impulsion des populations grecques. A cette époque, elles implantent des pieds de vigne et créent autour d’Agde leur premier comptoir commercial.

2600 ans d’histoire

Quelques siècles plus tard, les Romains et notamment les vétérans des légions romaines contribueront à son essor du coté de Béziers et de Narbonne. Dès lors, le commerce des vins s’organise et se développe grâce à la « Voie Domitienne » reliant l‘Italie à l‘Espagne. Ses vestiges sont les témoins actuels de cette période.

Distillation, Canal du Midi et chemin de fer

Deux autres voies de communication participeront à l’expansion du vignoble régional. Le Canal du Midi est la première. Œuvre de Paul Riquet, inauguré en 1681, il permet l’ouverture sur l’Atlantique et offre un véritable portail vers toutes les destinations mondiales. L’arrivée du chemin de fer en 1855 en est la seconde. Ces deux facteurs, ajouté à la découverte de la distillation par le montpelliérain Arnaud de Villeneuve (1290), ont été des étapes prépondérantes dans l’engouement de la viticulture méditerranéenne. L’économie viticole du Midi devenait alors très prospère au profit de nombreux vignerons, tonneliers, transporteurs et négociants.

La réputation de ses vins était notoriété nationale et internationale. En voyage dans la région (1564), le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis seront séduits par le muscat de Frontignan. En 1787, Thomas Jefferson, alors ambassadeur des États-unis en France, découvrait Saint Georges d’Orques et ses vins. Après son élection à la présidence, ils furent servis à sa table.

Oïdium, phylloxera et Eldorado du vin

A la moitié du XIXe siècle, un champignon et un puceron interrompent brutalement ce succès. L’oïdium (1850) et le phylloxera (1863) vont détruire progressivement la quasi totalité des vignobles de l’Europe entraînant la ruine de nombreux vignerons. Le Languedoc ne fut pas épargné.

Dès lors, la viticulture se reconstruit au tour des vins de table pour assurer l‘approvisionnement d‘une population consommant au quotidien. A cette époque, le vin est un produit de masse et 80% de la production régionale répond à ce besoin. Au détriment de la qualité et de l’image de marque, l’activité redevient florissante voire un même un véritable Eldorado pour certains vignerons. Jusqu’à la première guerre mondiale, les terroirs viticoles du Biterrois, mais aussi de Pézenas, d’Agde et de Narbonne, ont vu surgir de nombreux châteaux, symboles d’une prospérité soudaine et rarement égalée. On les dénomme « Palais de l’Aramonie » ou « Châteaux Pinardiers ».

1970 - Quelques chiffres

  • 430 000 hectares de vignes
  • 30 millions d’hectolitres
  • 91 000 exploitations
  • 45% de la production nationale
  • 25% des actifs
  • 20% du PIB
  • 10 milliards de francs de chiffres d’affaires

1980 - Reconquête qualitative

A la fin des années 70, la viticulture locale se réoriente. Les raisons : baisse de la consommation (165l en 1965 - 75l en 1995) et concurrence mondiale. Les politiques agricoles nationales et européennes, décourageant la production de masse, ont largement contribué à cette transformation. Aujourd’hui, grâce l’ effort des vignerons et des syndicats, les crus du Languedoc-Roussillon ont retrouvé leurs réputations d’antan aux grands plaisirs des dégustateurs et des amateurs de bons vins.

Les données actuelles

  • 268 000 hectares de vignes
  • 15 millions d’hectolitres
  • 2 millions de bouteilles de vin par an
  • 3 000 entreprises vitivinicoles
  • 25 000 producteurs
  • 270 coopératives
  • 30 appellations et crus
  • 33 cépages
  • 5 gammes de vins (blanc, rosé, rouge, doux, effervescent)

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