Viticulture en Languedoc : Domaine de Cambis en Saint-Chinian

Aventuriers dans l'âme, Annick et Alfred Pérolari se sont lancés en 2002 dans l'exploration d'un nouveau monde, celui de la viticulture à Berlou.
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En 2012, le couple Pérolari soufflera les dix bougies de la création de leur domaine à Berlou dans le Saint-Chinianais. Une aventure débutée en 2002. Malgré quelques difficultés au démarrage surtout au niveau de l’intégration, ils sont largement satisfaits de leur initiative grâce à une ténacité et une force de caractère hors du commun.

Le duo présentait dernièrement une partie de leurs cuvées au Petit Grain à Montpellier. Fabienne Legrand, propriétaire de la cave, collabore avec la vigneronne depuis plus de cinq ans. "J‘ai découvert les vins du domaine chez mon ancien patron, Stéphane Lebesgue à Saint Jean de Védas. Par la suite, j’ai travaillé avec Annick lors de mon activité de conseil. Elle est pétillante, débordante d’énergie et d’idées. Cela me correspond très bien. Depuis la reprise de la cave, j’ai continué cette étroite connivence. J’ai actuellement cinq cuvées de la propriété à la vente avec en toute franchise un petit faible pour les jardins suspendus, un vin délicat, tout en velours, bien représentatif du terroir", commente la caviste.

Baroudeurs et prêts à relever tous les défis

Après avoir vécu de nombreuses années en Afrique avec ses parents et parcouru les quatre coins de l’hémisphère avec son mari (trois mois par an), Annick Pérolari a décidé de prendre d’assaut un nouveau monde, celui de la viticulture. Hier rêve de son époux, aujourd’hui, il est devenu réalité pour cette néo vigneronne, pleine de ressources, qui n’a pas hésité à reprendre le chemin des bancs d’école pour suivre une formation en viti-œnologie et décrocher son diplôme à Montpellier, au Lycée Agropolis.

Avant d‘entreprendre cette nouvelle voie et de formation d‘enseignante à la base, elle avait assisté son conjoint dans les taches administratives de son cabinet dentaire à Jacou, proche de la cité montpelliéraine. Maintenant, c’est autour de celui-ci d’apporter toute son aide dans le bon fonctionnement de l’entreprise familiale. De ce fait, il partage à grand plaisir son emploi du temps professionnel entre sa charge de chirurgien dentiste et celle d’ouvrier agricole. Régulièrement, ils sont aidés par leurs enfants, Martin et Marion, épris de cette nouvelle vie. Actuellement, ils sont à la tête d’un vignoble de 12 hectares et d’un plantier de quelques ares avec vermentino et grenache blanc.

En plein cœur du terroir Saint-Chinianais

La propriété est à Berlou, une petite commune de deux cent âmes, situé au coeur de la vallée du Rieu, entre Saint Chinian et Saint Pons, avec en toile de fond le mont Caroux. Le vignoble entre dans les aires de production AOP Saint Chinian et AOP Saint Chinian Berlou. Cette dernière est une récente appellation communale officialisée par l’INAO en 2005. L‘acquisition des terres et la création du domaine se sont effectuées au cours de l’année 2002. Durant deux ans, la vendange a pris la direction de la cave coopérative locale. En 2004, la viticultrice devient vigneronne avec sa première vinification.

"Les débuts ont été dignes des grandes sagas de Pagnol", souligne la Berlounaise en expliquant "à quelques semaines de la récolte, on avait même pas de cave. Quinze jours seulement avant l’entrée du raisin, on a trouvé un local dans le centre du village grâce à l’aide Jean-Marie Rimbert, propriétaire dans la commune chez qui j’avais effectué un stage pendant ma formation. C’était une ancienne cave complètement en ruine. En moins de deux semaines, on a tout cassé et remis en état de fonctionnement avec cuves en ciment et inox. Un vrai travail de titan."

L’encépagement en production s’articule autour du carignan, grenache, cinsault, syrah, viognier et roussanne. A 300 m d’altitude, les sols sont dans l’ensemble composés de schistes bruns. La conduite de la vigne est en raisonnée avec une tendance dirigée vers la biodynamie. Alfred Pérolari envisage même l’achat d’un cheval de trait pour effectuer certains travaux dans les vignes. La vendange est manuelle. Le rendement est faible, entre 20 et 30 hectolitres l’hectare. Six cuvées sont actuellement produites au domaine. Une septième est en prévision, en blanc, avec l’élaboration d’un vin destiné à la gastronomie. Egalement dans les projets à venir, la construction d’une unité complète avec cave de vinification, local de stockage, logement et caveau de vente est actuellement à l’étude et pourrait bien se réaliser dans les tous prochains mois.

De la vie en rose aux jardins suspendus

Le nom des cuvées résume à lui seul l’état d’esprit des vignerons et le cadre environnemental du vignoble : chant des griots, vie en rose, le rouge, caudomato, jardins suspendus et carnet de voyage. Ce sont des vins au féminin. "Ils sont fluides, souples, fins, sur la fraîcheur et sur le fruit" souligne la vigneronne. Le premier est un blanc issu de l’assemblage du viognier et de la roussanne. Minéralité, rondeur et complexité aromatique en sont les caractéristiques pour un accord autour d’un poisson ou d’une soupe de coquillages. La vie en rose comme son nom l’indique est un rosé à base de vieux cinsaults et de syrah. C’est une cuvée d’une belle finesse avec des arômes d’amandes amères et d’agrumes. Elle sera de bonne compagnie pour un apéritif dînatoire autour de quelques tapas ou bien sur un poisson voire une viande blanche.

Dans le même caractère de convivialité, le rouge, composé de vieux cinsaults et de vieux carignans, supportant un léger rafraîchissement, apportera toute sa complicité pour un moment de détente sous la tonnelle. Caudomato, du nom d’une parcelle située au milieu du maquis, permettra aux convives de continuer les débats à table sur une cuisine estivale pleine de fraîcheur. Les deux derniers sont plus ronds et plus généreux. Ils sont destinés à la gastronomie et aux repas de fête comme Carnet de Voyage (syrah, grenache, carignan), offrant un nez de fruits mûrs, d‘épices et de réglisse. Les amateurs de mets exotiques ou de chocolat pourront accorder leurs recettes sur les jardins suspendus. Un vin gourmand et élégant aux tanins fins, issu du grenache et de la syrah.

Un labeur récompensé par les médias

Quatre ans seulement après la première vinification, certaines cuvées du domaine ont fait leur entrée dans les guides spécialisés et la presse nationale et internationale (Japon, Allemagne et États-unis). En juin 2008, la Revue des Vins de France classait Carnet de Voyage dans le Top 5 des découvertes du millésime 2007 en Languedoc. En octobre 2008, le même magazine octroyait un 15,5/20 à cette cuvée mais pour le 2005, la répertoriant ainsi dans la catégorie des grands vins. L’année dernière, Le Point , dans un cahier spécial vin consacré aux appellations au top dans l’hexagone et à l’étranger, une enquête de plusieurs mois, avait publié un reportage et un portrait sur la propriété et sa responsable.

A Montpellier, les dégustateurs ont apprécié également la qualité des crus du domaine comme Stéphane Rousseau, sommelier, et Tong, exportateur chinois. "Le blanc est très aromatique avec gras et équilibre. Le rouge Caudomato est friand avec une belle souplesse et des tanins fins et fondus. Je le vois très bien sur une daurade ou un loup grillé au gros sel et au fenouil", commente le premier.

Extrait du tarif (Cave Au Petit Grain à Montpellier)

  • Domaine de Cambis Chant des Griots : 7 €
  • Domaine de Cambis La Vie en Rose : 6,50 €
  • Domaine de Cambis Le Rouge : 5 €
  • Domaine de Cambis Caudomato : 6,50 €
  • Domaine de Cambis Jardins Suspendus : 9 €

Renseignements

Domaine de Cambis

Annick & Alfred Pérolari

2, Avenue des Mimosas

34360 Berlou

Tél. / Fax : 04 67 89 63 62

Port. : 06 10 01 36 85

Mail : domainedecambis@wanadoo.fr

Site Internet : www.cambis.fr

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