Les traitements contre la calvitie

Des traitements médicaux efficaces permettent aux hommes de ne pas perdre leurs cheveux.

Mère Nature, cruelle mégère, scalpe la gent masculine au hasard, à tout âge! Victimes d’une roulette russe capillaire, près de 45% des hommes âgés de 50 ans sont biologiquement programmés pour perdre leurs cheveux, 30% vers 30 ans et tout de même 15% dès 20 ans! Ces statistiques vous hérissent la mèche? Pour combattre une malédiction, il faut s’empresser d’abord d’apposer sur elle un nom: la science parle d’alopécie androgénique.

Perdre ses cheveux: une crainte légitime

Défenseurs de la beauté intérieure, ne venez pas nous raser! C’est entendu, le crâne chauve sied à certains hommes et la ‘piste d’atterrissage’ peut sans nul doute constituer un atout charme supplémentaire! Vin Diesel, Samuel L. Jackson, Bruce Willis… Homer Simpson? Si, si, demandez à Marge! Et puis, il est toujours possible de jouer la carte du philosophe en prétendant, façon Socrate, que «l’herbe ne peut pousser dans les rues actives.»

Se préoccuper des apparences, affreusement superficiel? Il n’en reste pas moins que certains hommes vivent mal d’être la cible de cet automne précoce, au point, parfois, de plonger dans un état de détresse psychologique avancé. Et c’est tout à fait compréhensible. Samson, le héros biblique, en témoigne, une épaisse crinière est un symbole de force et de santé: en d’autres termes, l’un des attributs possibles de la parade amoureuse... Dans l’imaginaire collectif toujours et par opposition, calvitie est synonyme de vieillesse. Qu’on se le dise, la Coupe du Monde de Football 1998 est loin derrière nous, emportant avec elle la mode de la boule à zéro version Barthez. Et comment aurait-on pu croire que cette mode décomplexante eût perduré dans un modèle de société où beauté et jeunesse triomphent en valeurs reines?

Pourquoi devient-on chauve?

Faisons mentir nos aïeux qui, pour attirer dans leur lit nos grands-mères, laissaient courir le bruit selon lequel un crâne chauve serait le signe d’un surplus de virilité. Comme l’explique le Docteur Pascal Reygagne, Directeur du Centre Sabouraud (Centre médical dédié aux maladies de peau et du cuir chevelu/ www.centresabouraud.fr ), chez l’homme, l’alopécie résulte non pas d’un taux de testostérone anormal, mais d’une sensibilité accrue du bulbe capillaire à l’hormone mâle. Sous l’effet de celle-ci, le cheveu se renouvelle plus vite, devient de plus en plus fin, finissant par épuiser la quantité limitée de cycles de pousse que Dame Nature, cette perverse donc, a bien voulu lui accorder. On l’aura compris, tout se joue à la montre: plus tôt le problème est diagnostiqué, plus les chances d’endiguer le déplumage augmentent.

Stop aux idées reçues!

Il faut couper court à la légende! Se tondre à répétition ne renforce pas le cheveu. Quant à la myriade de compléments alimentaires, shampoings miracles ou potions magiques vendus en parapharmacie à des prix parfois exorbitants, elle peut tout au plus donner une apparence meilleure à ce qui vous reste (temporairement) sur le caillou. Il s’agit de frapper à la bonne porte. La solution n’est pas cosmétique, elle n’est que médicale! Passage obligé par la case spécialiste: le dermatologue. Si la consultation confirme vos craintes, votre médecin pourra vous délivrer une ordonnance.

Alopécie: seuls deux traitements ont fait leurs preuves cliniques

Une lotion: le minoxidil concentré à 5%. Le traitement est contraignant: se badigeonner le cuir chevelu matin et soir. Mais grâce à cette application, un tiers des patients verra sa chute ralentie; un autre tiers bénéficiera en sus de quelques repousses bienvenues. De possibles effets secondaires? Dans certains cas, un très léger accroissement de la pilosité faciale ; plus souvent, des pellicules, des racines plus grasses ou plus sèches selon les sujets, quelques démangeaisons… Bref, pour ne pas ressembler à un épouvantail, c’est shampoing quotidien quasi obligatoire. Compter en moyenne 15€ de minoxidil par mois.

L’autre médicament prend la forme d’un comprimé: le finastéride dosé à 1mg. A gober une fois par jour. Là où le minoxidil agit en surface, le finastéride se charge de mener le combat en profondeur: il interdit à la testostérone de malmener les bulbes capillaires. Un traitement particulièrement efficace puisque 80% des utilisateurs verront leur calvitie stabilisée et 40% quelques touffes repousser. Effets non souhaités et gênants? Dans 2% des cas seulement, une très légère baisse de la libido, de la quantité de sperme et de la qualité de l’érection – effets réversibles avec l’arrêt du traitement. Compter 50€ par mois.

Au final, conserver ses cheveux coûte un bras: ces deux traitements, qu’il peut être conseillé de combiner, ne sont pas remboursés par la sécurité sociale et doivent être pris à vie! A l’arrêt du minoxidil ou du finasteride, les cheveux bien-aimés de nouveau se défilent…

Et les traitements d’avenir contre la calvitie?

Le dutastéride, dérivé plus puissant du finastéride pourrait, à terme, intégrer l’arsenal antichute. Déjà délivré par certains dermatologues, mais hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), ce médicament n’est pas commercialisé spécifiquement pour traiter l’alopécie: en cas de problème lié à la prise, c’est le médecin prescripteur qui endosse la responsabilité, pas le laboratoire. De plus, si les résultats obtenus avec le dutastéride sont encourageants, on ne dispose que de 5 ans de recul sur son utilisation, contre 13 pour le finastéride.

Quant à la recherche, elle n’est pas en reste: cellules souches, clonage des cheveux… Des pistes intéressantes qui offriront de l’espoir à nos petits-enfants et un avenir doré au marché de la beauté.

Pour l’heure, messieurs, à vos traitements et heureux soient ceux qui s’en brossent!

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