La scène alt-rock californienne des années 80

Retour sur la naissance du funk rock dans le Los Angeles bigarré des années 1980
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La scène musicale alternative du L.A des années 80, à des années lumières des pitoyables dérives kitchs du glam rock qui dominaient l’époque, était un ode à la mixité raciale, musicale et sociale – une contre-culture érigée sur les piliers du skate, de la défonce et des restes de la mouvance hippie, fusionnant rock, funk et rap, pour le meilleur et souvent pour le pire.

De ce grand bordel californien qui agitait les dernières années de la décennie la plus flashy du siècle, des groupes comme les Red Hot Chili Peppers et Rage Against The Machine s’en allaient conquérir le monde, aux côtés de formations un peu oubliées depuis, comme Fishbone , Suicidal Tendencies, et Jane’s Addiction. L’héritage du mouvement fut beaucoup plus contrasté, entre No Doubt et toute la vague Nu-Metal, qu’il convient maintenant d’oublier (faisons une exception pour KoRn et Incubus tout de même).

Musicalement parlant, le funk rock concocté par cette bande de déjanté sous héroïne s’appuyait sur une rythmique punk, des basses furieusement slappées et des cocottes funky bataillant avec les riffs métalliques des guitariste rythmiques – certains ajoutèrent des cuivres (Fishbone), d’autres se mirent à rapper (RHCP, Rage Against The Machine).

Les différentes fortunes de ces groupes phares du rock alternatif illustrent au passage la difficulté pour les groupes Afro-Américains ou interraciaux de percer dans d’autres genres que le hip-hop et le R’N’B, considérés par le reste du monde comme la véritable (et unique) musique noire. Plusieurs bouquins ainsi que l’intéressant bien qu’un peu biaisé documentaire Electric Purgatory ont décortiqué cette problématique dont Fishbone reste le symbole. Questlove, le légendaire batteur/producteur du gotha hip-hop et leader de The Roots, résume le problème parfaitement : « My biggest fear was to be the Fishbone of hip-hop ; the band that influenced the most but got the least recognition out of the game. » Tout ce petit monde gravitait autour de Bob Forrest, leader des groupes cultes Thelonius Monster et The Bicycle Thief, à qui un documentaire vient d’être consacré: voir la bande-annonce .

A noter également, que le groupe parisien FFF ( Fédéreation Française de Funk ) mené par le fantasque Marco Prince, très populaire au début des années 1990, s’inclut complètement dans cette mouvance funky/hardos.

Pour conclure, je vous propose une mini rétrospective en quelques clips

Les précurseurs:

Red Hot Chili Peppers : Fight Like A Brave / Suck My Kiss

Jane's Addiction : Ocean Size / Stop

Thelonius Monster: Body & Soul

Fishbone : Fight The Youth / Freddie's Dead

Suicidal Tendencies: Send Me Your Money

Infectious Grooves : Punk It Up

Les héritiers:

Rage Against The Machine : Renegades of Funk

Incubus : Hilikus

FFF: Barbes (live)

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