Morning Glory

Découvrez l'envers du décor de la télévision américaine : un monde pittoresque et implacable où il ne fait pas bon être productrice.

Sortie cinéma le 6 avril 2011

Réalisateur : Roger Michell

Avec Rachel McAdams, Diane Keaton, Harrison Ford, Patrick Wilson, Jeff Goldblum

Une héroïne jeune et sexy

La trentaine hypertonique, Becky Fuller est dévouée corps et âme à l’émission matinale de la chaîne de télévision locale, pour laquelle elle travaille comme productrice.

Pas le temps de sortir au restaurant ni même d’avoir un petit ami. Mais Becky aime ce qu’elle fait et reste inlassablement rivée à son smartphone, en quête de scoop. Quelle n’est donc pas sa surprise lorsque son patron lui annonce son renvoi au lieu de la promotion qu’elle attendait.

Du jour au lendemain, Becky se retrouve sans job et sans un sou d’avance avec un avenir professionnel on ne peut plus incertain. Elle est sur le point de perdre son optimisme forcené lorsqu’on lui propose un job de productrice sur une chaîne nationale.

Larbin de star : mode d’emploi

Elle sera mal payée et exploitée mais devra redynamiser Daybreak, la matinale de la chaîne. Elle accepte avec un enthousiasme délirant mais ignore qu’elle va devoir faire face à de multiples problèmes. Pour commencer, l’audimat est en chute libre, les présentateurs vedettes se détestent et l’ambiance est extrêmement tendue.

Loin de se décourager, Becky prend les choses en main. Elle licencie le présentateur masculin et engage Mike Pomeroy, un ancien journaliste de légende en disgrâce, pour co-présenter la matinale avec la capricieuse Colleen Peck.

Avec Mike Pomeroy à l’image, elle est certaine de redonner du peps à l’émission et de faire grimper l’audimat. Mais Pomeroy n’est pas exactement conforme à son image publique charismatique. Il est odieux, égoïste, grincheux et freine des quatre fers à l’idée de donner son temps à une émission de divertissement.

Disputes, coups bas, surmenage deviennent le lot quotidien de Becky qui trouve quand même l’énergie d’entamer une relation avec un séduisant producteur.

La nouvelle formule de Daybreak est finalement lancée mais le public n’est pas au rendez-vous. Pour sauver sa place, faire travailler Pomeroy et éviter l’annulation de l’émission, Becky va devoir faire preuve de beaucoup d’imagination.

Une hérédité revendiquée

L’affiche est formelle : il s’agit d’une comédie romantique pour jeune femmes ambitieuses dans la lignée de « Coup de Foudre à Notting Hill » (même réalisateur) et « Le Diable s’habille en Prada » (même scénariste). Et effectivement, dès les premières images, on ne peut s’empêcher de penser à ce dernier. Comme dans « Le Diable s’habille en Prada », le personnage de Becky a un bon job dans les medias, en l’occurrence la télévision, mais doit faire ses preuves. Elle est exploitée mais reste stoïque.

Rachel McAdams, à l’instar d’Anne Hathaway dans « Le Diable... », est parfaite en jeune fille ambitieuse qui fait preuve d’une naïveté attachante et d’une patience d’ange envers un collègue odieux. Mais là où Anne Hathaway restait en retrait, Rachel McAdams crève l’écran.

Un rythme endiablé

Elle occupe l’espace en permanence en faisant preuve d’une énergie incroyable. Une énergie si communicative qu’elle se transmet rapidement aux autres personnages et devient le moteur du film. Le rythme effréné de Becky correspond dès lors, aux scènes les plus cadencées tandis que les (rares) moments où Becky ralentit, le rythme de l’ensemble s’essouffle.

Au milieu de tout ce cirque, Harrison Ford semble se demander ce qu’il fait là. Difficile en cela, d’adhérer immédiatement à son personnage contrairement à celui de Diane Keaton qui, bien qu’imbuvable, est mieux dosé. Elle apporte juste ce qu’il faut de conflit à Becky, lorsque Ford agit souvent comme la goutte d’eau. Bien sûr, c’est le but recherché... Mais Pomeroy est si insupportable que l’énergie déployée par l’héroïne pour l’inclure dans son petit monde vire maintes fois à une vaine agitation, fatigante pour le spectateur.

L’envers du décor

Paradoxalement, cette impression cyclonique sert parfaitement le propos. L’univers des émissions télévisées matinales, retransmises pour la plupart en direct, est en effet, magnifiquement décrypté. C’est un monde d’opportunités pour qui est disponible vingt quatre heures sur vingt quatre. C’est aussi un monde où l’audimat règne en maître, où le scoop est vital et où l’information est présentée de manière divertissante. Un monde où il ne faut pas s’arrêter de nager au risque de se noyer... Ce qui rend finalement les mouvements perpétuels de Rachel McAdams plus drôles qu’irritants et ce film délicieusement divertissant.

A propos de Roger Michell

Roger Michell a débuté par le théâtre. Il a été pendant six ans le metteur en scène en titre de la Royal Shakespeare Company à Stratford et Londres, avant de se tourner vers le cinéma. On lui doit « Coup de foudre à Notting Hill » et « Dérapages incontrôlés ».

A propos de Rachel McAdams

Depuis 2004, cette canadienne de naissance enchaîne les films. De « Lolita malgré moi » à « Red Eye » en passant plus récemment par « Hors du temps », elle a rapidement démontré ses talents de comédienne multifacettes. Elle sera prochainement à l’affiche du dernier film de Woody Allen, « Minuit à Paris ».

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