Mylène Farmer : sortie du nouvel album Bleu Noir le 6 décembre

Mylène Farmer revient avec 12 titres de Bleu Noir, faisant entrer dans sa sphère Moby ou RedOne. Déjà au top des ventes en pré-commande, va-t-elle séduire ?
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L'album qui sortira dans les bacs le 6 décembre est déjà disponible en téléchargement aujourd'hui. Douze titres inédits qui prennent le risque de passer la main de la composition à d'autres que Laurent Boutonnat, tandis que Mylène signe les textes de tous les titres (sauf un, traduit néanmoins par la chanteuse, en bonus de l'album).

Si Mylène Farmer a toujours su surfer sur les vagues musicales et les tendances du moment, ce virage est-il une réussite ? Tour d'horizon des 12 titres de "Bleu Noir" qui risque de fâcher les inconditionnels !

Oui Mais.. Non: ( Farmer / RedOne )

Le premier titre de l'album, déjà sorti en single est efficace. Si les paroles restent, comme souvent, sujettes à toutes les interprétations possibles, la mélodie et le refrain sont des indices de tube. Loin des élans mystiques de la diva, le morceau est électro, presque rappé, rythmé. La bonne surprise est que la griffe et l'identité musicale sont toujours là.

Moi je veux… : ( Farmer / Moby )

Premier titre, dans l'ordre des pistes, pour lequel Moby passe aux commandes. Le thème musical est très reconnaissable : une boucle à la Moby, pas dans ses meilleurs jours. Du côté des paroles, simples, "Moi je veux c'est aimer". Du simple... voire du pauvre. C'est la première claque de l'album, et pas dans le sens époustouflant du terme. Qui de l'oeuf ou la poule, autrement dit qui des paroles ou de la musique, a amené l'autre vers ce morceau sans saveur ?

Bleu Noir : ( Farmer / Moby )

Titre éponyme de l'album qui évoquerait presque Bashung et son Bleu Pétrole , on se prend à espérer un bijou. L'intro musicale met fin au rêve. Sur une mélodie guillerette les premiers mots "Je marche vers les ténèbres, vers l'horizon funeste". Des arrangements électro, country, blues, avec toujours cette mélodie incroyable d'inadéquation avec le texte. De ce côté, ce n'est pas non plus ce que Farmer aura écrit de plus réussi. Le refrain aura probablement un potentiel à entrer dans l'oreille, et on peut imaginer un single pour ce titre, hélas.

N’aies plus d’amertume : ( Farmer / Moby )

Morceau dépouillé, privilégiant la voix sur un fond mélodique encore une fois très reconnaissable de Moby. S'il était le moins bon de l'album, on le pardonnerait volontiers, il s'ajoute hélas à d'autres morceaux sans grâce et sans saveur.

Toi l’amour : ( Farmer / Moby )

A ce stade de l'écoute on ne peut plus douter : le parti pris de l'easy listening, de la mélodie légère pour ne pas dire d'ambiance, a été pris. L'addition Moby+Farmer donne, semble-t-il dans la chanson insipide.

Lonely Lisa : ( Farmer / RedOne )

Enfin ! RedOne revient en piste et signe un nouveau morceau efficace, rythmé, très bon candidat au single. Et le texte suit ! Rien de grandiose, mais un texte portrait d'adolescente, une voix qui prend sa place et son amplitude. Voici donc le second titre à garder de cet album; titre qui sera probablement aussi un bon candidat aux remix et éditions E.P auxquels Farmer est habituée.

M’effondre : ( Farmer / Moby )

Une voix grave et étonnante porte un texte tout en ellipses. La litanie de M'effondre est accompagnée par un son qui suit la voix, des profondeurs jusqu'à la frénésie : la chute approche mais "jusque là tout va bien". Morceau original, où la symbiose texte musique fonctionne enfin, sans pour autant faire d'éclats.

Light me up : ( Farmer / Archive )

Lounge ? Easy listening ? Soupe ? On hésite. Mylène chante en anglais, sur une mélodie progressivement envahissante bien que désespérément banale et rebattue.

Leila : ( Farmer / Archive )

Un cantique, dans lequel la voix grave de l'artiste revient. Un texte vers les femmes d'Iran, une mélodie juste et en adéquation avec le propos. Une dernière partie de morceau, où la voix se fait orientale marque la chanson d'une touche intéressante, fera probablement un single.

Diabolique Mon Ange : ( Farmer / Archive )

On retrouve ici l'écriture Farmer, et ses thématiques : amour et haine, mort, temps... On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait donner ce morceau accompagné par Laurent Boutonnat. Le ligne mélodique est entièrement assurée par la voix de l'artiste tandis que les arrangements, lourds et grandiloquents sabotent ce morceau qui avait son potentiel. Un remix viendra peut-être le sauver.

Inseparables : ( Moby )

Du pur Moby donc, de la musique aux paroles. Rien de novateur, rien qui retienne l'oreille et moins encore l'émotion. Des arrangements saturés en fin de morceau viennent finir de le rendre pénible.

Inséparable (Version française bonus) : ( Farmer / Moby )

On prend le même et on recommence avec cette fois des paroles signées Farmer. Plus court, avec des arrangements plus épurés, le morceau, sans grâce, devient cependant audible. Certainement un futur piano-voix comme les aime Farmer en concert.

Bleu Noir, le bilan

Si les pré-commandes de l'album étaient impressionnantes, l'avenir dira si les ventes survivront à l'écoute de l'intégralité de ce nouvel opus. La collaboration avec Moby et Archive ne semble pas fonctionner. RedOne en revanche signe probablement la musique des deux seuls tubes de l'album. C'est donc globalement une grosse déception qui attend les fans capables d'esprit critique. L'album semble inhabité, vide de tout ce qui vibrait dans Désenchantée , Je te rends ton amour , Avant que l'ombr e, Peut-être toi et même C'est dans l'air ... et tant d'autres succès du duo Farmer-Boutonnat.

Un album de Mylène Farmer, souvent, s'apprivoise à l'écoute. Et plus souvent encore prend son souffle dans sa version live. Cette fois, le challenge sera de taille. Avec un majorité écrasante de rythmes lents et de mélodies insipides, faire vivre cet album en concert sera une gageure.

En conclusion, si vous devez choisir de n'acheter que quelques titres de Bleu Noir, tournez-vous vers Oui mais ... non , Leila , et Lonely Lisa . M'effondre reste un détour à faire et un titre à qui donner sa chance.

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