Le don du sang, un don de soi pour sauver la vie des autres

Chaque année, en France, un million de malades ont besoin d'un don de sang. Comment les encourager? Rencontre avec un acteur de ce combat quotidien.

10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour en France. Annuellement, ce ne sont pas moins d'un million de malades qui sont en attente de produits sanguins. Dans le monde entier, le don du sang doit être encouragé et plus sécurisé. Le Docteur Emmanuel Rigal, s'engage au quotidien pour recruter toujours plus de donneurs.

Docteur Emmanuel Rigal, vous êtes responsable du Centre de transfusion sanguine (CTS) des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) , quels sont les besoins de sang sur le canton de Genève?

Chaque jour, nous avons besoin d’une centaine de poches de sang pour les malades du canton. En Suisse, Genève et Bâle sont les deux seuls cantons à ne pas être autosuffisants. Heureusement, nous pouvons compter sur la solidarité des autres cantons.

Pourquoi ce déficit?

Sociologiquement, nous savons que les zones rurales donnent plus de sang que les zones urbaines. Par ailleurs, les classes moyennes donnent plus volontiers que les classes pauvres ou les classes les plus riches. A Genève, nous cumulons tous les handicaps. Ce n’est pas un problème de générosité individuelle mais un problème de mode de vie où le citadin est sur-sollicité.

Comment incitez-vous les dons de sang?

Nous travaillons beaucoup à l’information du public et cherchons au maximum à fidéliser les donneurs ayant donné une première fois. Nous organisons aussi des collectes à l’extérieur du centre et notamment dans les entreprises. Il suffit pour cela que la direction de l’entreprise soit favorable à cette démarche. Les salariés viennent plus facilement quand la collecte a lieu dans le cadre de l’entreprise.

Pour quelles raisons le CTS des HUG se mobilise-t-il pour favoriser les dons de sang?

L’accès au sang est une des grandes inégalités mondiales. Si en Europe de l’Ouest, il est toujours possible de trouver du sang, ce n’est pas le cas dans de nombreux pays en développement où des femmes meurent encore en couche faute de pouvoir bénéficier d’une transfusion. En lien avec l’OMS, nous souhaitons mettre notre compétence au service de ces pays afin de proposer une transfusion plus sure grâce aux innovations les plus récentes de sécurisation des produits sanguins. Le CTS de Genève, comme l’ensemble des CTS en Suisse, met en place une technique d’inactivation de l’ensemble des pathogènes dans les produits plaquettaires. Ce procédé va nous permettre à la fois de sécuriser encore plus notre transfusion et en même temps nous donner une expertise unique pour maîtriser cette technologie. La Suisse est le premier pays à mettre cette technologie en place sur tout le territoire.

Comment vous engagez-vous tout au long de l’année?

Notre situation au cœur de Genève nous confère une situation privilégiée grâce à la proximité de l’OMS et grâce à l’environnement scientifique des HUG. Nous travaillons donc à la mise en place d’un programme de sécurité transfusionnelle pour les pays en développement par inactivation des pathogènes dans le sang total. Nous espérons pouvoir mener ce projet à terme dans des délais raisonnables. La sécurité du donneur comme du receveur est essentielle.

Pour donner son sang en France: http://www.dondusang.net/

Pour donner son sang en Suisse: http://www.mavietonsang.ch/

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