Le private equity, assurer la pérennité d'entreprises familliales

Lorsqu'aucun repreneur ne se présente dans la descendance, le private equity peut être une solution durable de reprise, à condition de bien le choisir.
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Remettre son entreprise peut s’avérer un véritable crève-cœur lorsque personne de la famille ne souhaite reprendre les rênes.

L'exemple de Plumettaz

Gérard Plumettaz, ancien CEO de Plumettaz, une entreprise familiale – active à l’origine dans la mécanisation de la viticulture et maintenant dans les équipements d’installation de câbles – fondée par son grand-père en 1923, a dû s’y résoudre: «Je n’avais pas de successeur dans la famille. Il fallait trouver une solution qui convienne à tout le monde.» La plupart des actionnaires de la famille a donc choisi de vendre ses parts à un private equity qui est devenu, en 2008, actionnaire majoritaire de la société.

Les placements en private equity sont des fonds qui investissent dans des entreprises non côtées en Bourse. Certains d’entre eux ont toutefois mauvaise réputation dans le sens où ils cherchent parfois uniquement à faire du profit et revendent l’entreprise dès que la rentabilité est atteinte.

Pour Gérard Plumettaz, il convient alors à l'époque de bien se renseigner sur le fonds qui reprendra les rênes de la société: «Nous avons longuement travaillé à bien connaître notre futur partenaire pour identifier ses intentions. Nous avons aussi pris des références pour voir ses pratiques dans le passé. Notre souci résidait clairement dans la pérennité de l’entreprise.» Le choix du private equity n’a donc pas été anodin. La procédure a durée près de trois ans.

Un processus long

«Nous avons fait appel à un consultant externe, parce que nous sommes les plus mauvais vendeurs de notre société. Notre vision de sa valeur est souvent erronée.» Ensemble ils ont commencé par définir clairement leurs attentes : faut-il faire appel à un repreneur stratégique ou à un actionnaire principal ? «Avec nos activités multiples, le risque était de voir notre société saucissonnée.»

Après avoir examiné la proposition d’un repreneur outre-mer et constaté que sa vision et sa culture étaient différente, il s’est tourné vers DEFI EuroCap III, un fonds en private equity de la région. «Les personnes impliquées sont du terroir, ce sont des actionnaires de la région. C’est l’assurance d’une certaine éthique.» Gérard Plumettaz et son cousin Denis Plumettaz restent dans le groupe en tant qu’actionnaires minoritaires. Les tâches opérationnelles ont été progressivement transférées au nouveau CEO, Jouni Heinonen. Peu à peu la transmission s’opère, Gérard Plumettaz garde une part active dans la société et s’envole serein vers sa nouvelle vie à Singapour.

Conseils pour trouver le bon repreneur en private equity:

  1. S’entourer d’un consultant externe : «Nous sommes souvent très mauvais pour vendre notre entreprise.»
  2. Bien définir ses attentes avec son consultant.
  3. Etudier les différentes propositions en prenant des références sur les agissements des différents private equity dans le passé.
  4. Discuter avec les représentants du private equity pour connaître leurs intentions.

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