Suisse, le défi de demain: soutenir l'agriculture productrice

Que ce soit dans le domaine de l'écologie, du social ou dans l'économie, les défis de l'agriculture de demain sont nombreux. Rencontre.

«La Suisse autoproduit à l’heure actuelle 55% de ses besoins alimentaires. Le plus grand défi de l’agriculture de demain sera de conserver ce degré d’auto-approvisionnement.» Pour Jacques Bourgeois, directeur de l’Union suisse des paysans, la future politique agricole de 2014 à 2017 se devra de répondre aux attentes de l’agriculture productrice. Pour cela, le conseiller national voudrait que soit ancré dans la loi le terme de «souveraineté alimentaire» afin de renforcer la chaîne alimentaire. «En raison de sa superficie restreinte, la Suisse ne sera jamais compétitive dans les productions de masse. Nous devons donc nous démarquer par la qualité.» Définir clairement le «swissness» devient alors un enjeu majeur.

Si l’industrie estime que seul le savoir faire est nécessaire, le Conseil fédéral pense qu’au moins 80% de la matière première doit provenir de Suisse. «Il faut conserver la réputation et crédibilité de nos produits. Par ailleurs, la protection des surfaces agricoles est aussi au cœur de la question. La forêt, qui est protégée, gagne chaque année 4500 hectares, d’un autre côté, l’agriculture perd l’équivalent de 10 terrains de foot par jour. «Pour soutenir l’agriculture, il faudra donc veiller à traiter les superficies sur un pied d’égalité.» Jacques Bourgeois estime que les terres agricoles doivent alors être protégées.

L’agriculture, un rôle à jouer

Depuis une trentaine d’années, l’agriculture a beaucoup évolué. Les progrès se sont fait sentir dans le domaine social. «Pour autant, les revenus sont toujours sous pression. Dans l’agriculture, les revenus sont 40% inférieurs aux autres secteurs économiques comparables. Il faut que les familles puissent vivre décemment et investir.» Un effort important a également été consenti sur la protection de l’environnement et le bien-être animal. Par rapport à 1990, les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 et d’ammoniaque ont été réduites de manière importante. Et l’agriculture peut aussi jouer un rôle déterminant en matière de production d’énergie notamment avec le photovoltaïque grâce à des surfaces de toits importantes, le biogaz ou les agrocarburants produits à partir de déchets, «Les petits ruisseaux font les grandes rivières, les agriculteurs peuvent donc contribuer au mix énergétique.»

Conseils: Pourquoi consommer local ?

- Promouvoir la qualité suisse: Une déclaration sans faille de l’origine des produits permettrait au consommateur de faire son choix en toute connaissance de cause.

- Préserver l’environnement: En achetant des pommes du Chili, par exemple, le consommateur contribue au réchauffement climatique.

- Maintenir une agriculture de proximité forte: La vente directe, quand elle est possible, permet de conserver la valeur ajoutée aux producteurs

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