Analyse accélérée de séquence – Shining (1980)

Comme à l'accoutumée, une rapide analyse d'une séquence de film. Ici analysons le célèbre long-métrage de Stanley Kubrick...

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Remarque de départ : Il n'y a aucune « révélation d'indices-clefs du film ». Ici j'analyse seulement une séquence !

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Pour varier les plaisirs, voici une « analyse accélérée », c'est-à-dire une observation de l'extrait en mode accéléré (lecture 3x sur mon lecteur multimédia favori).

La séquence du bar commence pour moi vers la quarante sixième minute, après le début du film. Jack Torrance (Jack Nicholson) est déjà fou à ce stade de l'histoire, avant même de se consoler avec son « copain Jacky ». Dans le couloir, il lance ses bras dans tous les sens : mouvement d'extension puis geste d'énervement (avec ses épaules qui tombent). Il y a aussi la bande-son qui participe à la scène : les crissements de violons marquent l'entrée dans « la Gold Room ».

Au comptoir...

C'est là le cœur même de la séquence : un homme perdu accoudé au bar de son hôtel. Cette partie débute par un face-à-face entre Torrance et le spectateur. Il regarde droit dans la caméra... Quelle meilleure manière d'impliquer celui qui visionne le film ? Ensuite, il finit ce face-à-face avec un éclat de rire, bouche grande ouverte → interpellation du public (peut-être endormie ?). C'est alors qu'intervient Lloyd, le tenancier du « troquet ». Ce qui est frappant dans le visionnage de cette séquence « en mode accéléré » ce sont les mimiques de Torrance : il tire la langue, tapote du doigt, mime la quantité infinitésimale d'énergie par seconde, il dodeline de la tête, secoue son verre de whisky, soulève les sourcils, plisse les lèvres... Ensuite, Torrance avoue avoir frappé Danny trois ans auparavant, une simple... perte de coordination musculaire... Et puis, Jack Nicholson, dans son jeu d'acteur, change de rythme de parole, hausse le ton, le baisse ensuite...

...une folie alcoolisée

Torrance est saoul. On sent que l'alcool fait toujours son effet. Dans cette séquence, le jeu d'acteur plein de folie, de nervosité de Nicholson est largement exploité. Est-ce alors la folie du personnage ou celle de l'alcool qui s'exprime ? Mais cette frontière reste floue quand on connaît le personnage de Jack Torrance. Ensuite, sa femme se précipite dans le lieu, bâton de bois à la main. Son arrivée change la donne : là où on voyait un Torrance complètement névrosé qui insulte Wendy, on le voit devenir « sympathique » et drôle : « Tu s'rais pas dev'nu folle toi aussi ? ». Voici un lien vidéo vers la scène en question et en version originale.

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