Analyse muette de séquence – Heat (1995)

Brève analyse ici de la fameuse séquence du café entre les deux personnages majeurs du film...
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Remarque de départ : Il n'y a aucune « révélation d'indices-clefs du film ». Ici j'analyse seulement une séquence !

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C'est une « analyse muette », dans mon jargon cela signifie que j'observe tout dans la séquence, excepté le son.

Une heure vingt-cinq minutes après le début du film commence cette séquence de « tête-à-tête » entre Vincent Hanna ( Al Pacino ) et Neil McCauley ( Robert de Niro ).

Le respect mutuel

C'est à se demander si ce ne sont pas deux amis qui boivent un verre ensemble : ils se racontent tout et n'importe quoi, leurs rêves, leurs femmes, leurs motivations professionnelles, leurs vies passées avec leurs problèmes... De plus, le respect transparaît au travers de leurs expressions faciales :

« je ne sais rien faire d'autre... » + « moi non plus » + «...et je crois pas en avoir envie » + « moi non plus » → sourires mutuels = respect.

Le respect revient juste après « l'avertissement » du flic : McCauley jette un regard furtif sur sa droite et Hanna lui répond par un sourire, des yeux très légèrement écarquillés et surtout il a compris le soulagement d'une fin heureuse envisagée par McCauley.

Par ailleurs, l'échange des récits des deux rêves est aussi sujet à une empathie ou une sympathie entre les deux. En somme, la majeure partie de la séquence est une démonstration d'une amitié impossible entre un lieutenant du FBI et un faux représentant de commerce ...

Retour à la réalité de l'histoire

Cette ambiance « amicale » laisse place à la tension entre un flic et le truand qu'il veut arrêter, entre un chasseur et sa proie... En effet, quand Hanna soupire en disant « on est ici... », il avertit clairement McCauley qu'il n'hésitera pas à le tuer s'il en a l'occasion. Disons qu'il se donne bonne conscience en justifiant cela par un « choix » avec un innocent et l'homme qu'il a en face de lui.

Neil McCauley change de visage dans cette partie de séquence. Il baisse la tête, laissant apparaître les rides multiples de son front, il jette un regard méchant autour de lui, il menace Hanna d'un « revers de la médaille » possible... « Et que moi je doive te descendre... » L'escroc élégant et discret n'hésitera pas l'ombre d'une seconde à supprimer Hanna, s'il devient un obstacle trop gênant...

Conclusion

Cet extrait dure environ six minutes,ce qui est dérisoire quand on sait que le film entier s'étale sur près de trois heures. Pourtant, l'extrait est un bon résumé de la psychologie, entre Hanna et McCauley, qui règne dans le long-métrage de Michael Mann !

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