La dépendance des séniors: comment rester chez soi?

La perte d'autonomie est au cœur de notre actualité. Mais qu'en est-il du maintien à domicile? Dans quelle mesure est-il possible, passé un certain âge?

Selon les données gouvernementales (discours du président de la République, juillet 2010), la dépendance apparaît vers 65 ans, concerne 7% des séniors et se manifeste par une perte de poids involontaire, une fatigue inhabituelle, une baisse des capacités physiques et intellectuelles et des difficultés à accomplir les gestes du quotidiens.

Ses causes peuvent être multiples : fractures, problèmes de vue, d'audition et d'orientation dans l'espace, perte d'appétit ou encore apparition de maladies telles Parkinson ou Alzheimer.

Dès qu'apparaissent ces signaux d'alarme, le mieux est de consulter son médecin qui orientera vers un spécialiste.

Mais la perte d'autonomie peut être liée à des problèmes plus intimes : solitude, perte d'un être cher, problèmes relationnels avec les proches...

Ces traumatismes remettent en cause l'équilibre de la personne âgée. Comment, dans ces conditions, rester chez soi plutôt que d'intégrer une institution? Quelles sont les solutions pour ne pas "quitter ses murs"?

Les aides financières

1. L'aide personnalisée d'autonomie existe depuis 2002, a pour but le maintien à domicile (remplace l'allocation handicapé dès 65 ans) et permet l'intervention de services (aide ménagère, portage des repas, télé-assistance...). Non cumulable avec les aides des caisses de retraite, son montant variait, en 2008, de 1208,94€ à 518,55€ pour une personne seule. La demande est à faire auprès des CCAS, du conseil général ou d'un centre local d'information (CLIC).

2. Les caisses de retraite disposent de fonds sociaux susceptibles d'apporter une aide à toute personne cotisant. Le mieux est de se renseigner directement auprès de sa caisse, afin d'évaluer besoins et possibilités.

3. Les mutuelles et assurances proposent deux types d'aides :

- le "contrat de prévoyance" (on épargne et en cas d'accident on reçoit une rente mensuelle)

- les "contrats d'assistance" où aucun capital ni rente n'est libéré, mais qui assurent le bénéfice de certains services (appareil auditif, transport, hébergement temporaire, résolution de problèmes financiers passagers...).

Le montant perçu étant proportionnel aux cotisations, mieux vaut donc s'y prendre le plus tôt possible!

4. L' allocation de logement sociale: elle est versée si le demandeur ne perçoit pas d'autre allocation logement afin de régler tout ou partie du loyer principal ou des mensualités d'emprunt.

Elle est perçue par un locataire, sous-locataire, accédant à la propriété ou résidant en foyer d'hébergement.

La demande est à faire auprès de la Caf (caisse d'allocations familiale).

5. L'APL (aide personnalisée au logement) est mensuelle et peut couvrir la quasi-totalité du loyer. Elle est versée au bailleur. Elle dépend des ressources de l'allocataire, de la nature de son logement, de sa situation géographique, du montant du loyer et du nombre d'enfants à charge.

Versée par la Caf, la demande est à faire par le locataire lui-même.

Il existe ainsi plusieurs aides matérielles qui permettent de régler au mieux ce qui, dans la balance budgétaire, pèse le plus lourd afin de rester chez soi. Mais la personne âgée dépendante peut aussi, voire surtout, avoir besoin d'aide humaine dans son quotidien.

Les aides humaines

Rester chez soi et conserver son autonomie après 60 ans est assurément la solution la plus agréable. Mais, pour ce faire, il est possible qu'une aide au quotidien soit nécessaire. Différentes possibilités apparaissent en fonction des besoins :

1. L'aide ménagère :

- présente pour les courses, travaux ménagers, entretiens divers ;

- soulage d'actes difficiles à accomplir seul (toilette, lever, coucher, suivi de la prise de médicaments) ;

- accompagne lors de sorties, promenades ;

- assure une présence ;

- apporte son soutien dans la rédaction de courriers administratifs, prises de rendez-vous et autres démarches.

Deux possibilités s'offrent : soit on est directement l'employeur (en utilisant des chèques emplois-services) soit on fait appel à une société prestataire de services. Dans les deux cas, le montant est déductible des impôts et peut faire l'objet d'une aide si, au 01/04/2011, les revenus étaient inférieurs à 677,12€ par mois pour une personne seule, ou 1147,14€ pour un couple, sachant que ceci n'est pas cumulable avec l'APA.

2. Les soins à domicile :

- effectués par des professionnels de santé ;

- sur prescription médicale par le médecin traitant ou un praticien hospitalier.

Le but est de retarder l'entrée en institution en faisant appel à des infirmiers libéraux (rémunérés directement, les frais étant remboursés) ou en passant par le SSIAD (service de soins infirmiers à domicile).

3. Les services de livraison à domicile (Daxon, La Redoute, Picard...)

Certes, il est plus agréable de se promener dans les rayons afin de faire son propre choix, mais les produits en vente sur catalogue sont généralement identiques et ces ventes offrent des avantages en nature très attractifs.

Néanmoins, il est conseillé de vérifier que les prix soient ceux des magasins et que les frais de livraison ne sont pas prohibitifs (généralement, passés 100€ de courses, la livraison est gratuite).

Dans le même ordre d'idées, il est possible de se faire coiffer à domicile : les tarifs pratiqués sont intéressants même si une séance chez le coiffeur reste très agréable.

4. Le portage des repas : moyennant une somme très raisonnable, des repas de bonne qualité supervisés par une diététicienne sont proposés à domicile.

5. Les foyers restaurants. Mis à disposition par les mairies, ils permettent de rompre la solitude et d'éviter de cuisiner. Malheureusement, ils ne se trouvent que dans les grandes communes.

6. La télé-assistance. Il s'agit d' un système de protection permettant de rassurer la personne âgée mais aussi ses proches. Le mécanisme est simple : un médaillon (pendentif) communique avec un transmetteur, lui-même relié à un téléphone fixe. Ce dernier est en relation avec les principaux services d'urgence. Son coût est relativement élevé, mais il faut savoir que certaines mutuelles prennent en charge une partie des frais.

Ainsi, ce sont de véritables réseaux d'aide au maintien à domicile qui apparaissent et permettent aux personnes âgées en perte d'indépendance de pouvoir conserver leur "chez-elles", sans avoir à intégrer une institution.

Sur le même sujet